Dépense publique : la chasse au gaspi commence lundi

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Il ne suffit pas de dire qu'il faut couper dans les dépenses, encore faut-il dire lesquelles... Lundi matin, la parenthèse des régionales refermée, ce sera le retour aux affaires courantes. Et Eric Woerth (photo) figurera en première ligne. D'ici la fin du mois d'avril, lors de la deuxième conférence sur les déficits publics, le ministre du Budget, présentera à la demande de Nicolas Sarkozy "un plan d'action complet pour réduire la dépense". Soucieux de déconnecter les mesures à prendre du résultat du scrutin, Eric Woerth a déjà fait connaître le cadre de son action. Pour ramener le déficit public en 2013 à 3% du PIB, il faut trouver 100 milliards d'euros. La moitié devrait, selon les simulations de Bercy, être générée par les recettes fiscales issues de la reprise et l'extinction progressive des mesures de relance. Restent 50 milliards, sur un montant total de dépenses publiques estimé à 1.000 milliards d'euros.Bruxelles n'y croit pasPour trouver ces 50 milliards d'économies d'ici le 1er janvier 2013, le gouvernement a déjà arrêté le principe d'une réduction des niches fiscales et sociales pour un montant de 6 milliards d'euros sur trois ans, une baisse de 10% sur trois ans des frais de fonctionnement des ministères et des opérateurs sur un périmètre de 30 milliards d'euros, une hausse moins rapide des dépenses d'assurance-maladie et la fixation d'une norme indicative de la progression des dépenses des collectivités locales. Ces belles intentions ne convainquent pas Bruxelles. Echaudée, la Commission européenne, qui sait que la France n'est jamais parvenue à respecter aucun de ses programmes de stabilité, veut juger sur pièces. Or la défaite annoncée de la majorité aux élections régionales pourrait bien compliquer le travail d'Eric Woerth.Démanteler certaines niches fiscalesAu sein de l'UMP, des voix s'élèvent ainsi pour réclamer une pause dans les réformes. Y compris sur des mesures constitutives de l'ADN du quinquennat de Nicolas Sarkozy. On entend ici où là des députés demander que l'on gèle les suppressions de postes dans la police et l'Education nationale. Impensable pour un gouvernement qui a fait du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partants à la retraite l'un des aiguillons de sa politique de redressement des finances publiques. Dans ce contexte, nul doute qu'Eric Woerth devra faire preuve de pédagogie politique au moment de présenter la "douloureuse" aux Français. C'est en effet une chose que de dire comme le chef de l'Etat qu'il faut "démanteler" certaines niches fiscales parmi les 480 existantes. C'en est une autre de convaincre les contribuables qui verront leurs impôts augmenter du fait de la disparition de leur avantage fiscal. De même, dire que l'on peut sans doute faire des économies dans les milliards d'euros consacrés aux politiques publiques rencontre l'assentiment de tous, c'est en revanche une levée de boucliers dès qu'un gouvernement fait mine de toucher à la politique familiale comme en atteste le fiasco en 2008 de l'affaire de la carte famille nombreuse...Réflexion sur les fonctions de l'Etat Pour autant, l'Etat n'est pas réduit à l'impuissance. L'expérience de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) aboutit en 2009 à 2 milliards d'euros d'économies réalisées ou budgétées. Ce n'est pas rien mais ce n'est sans doute pas à la hauteur des enjeux. De ce point de vue, une véritable réflexion sur les fonctions que doit assurer ou non un Etat serait souhaitable. Mais ce débat ne peut avoir lieu qu'à l'occasion d'une échéance présidentielle. A deux ans de la fin du quinquennat, ce gouvernement aura bien des difficultés à annoncer des économies significatives. A cet égard, la réforme des retraites et son ampleur sera un excellent étalon de la capacité des pouvoirs publics à tenir ses engagements en matière de finances publiques.

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