L' alerte sur la dette américaine envenime le débat budgétaire

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À Annandale, en Virginie, première étape d'une tournée de promotion de son plan anti-déficit, Barack Obama n'a pas abordé mardi le sujet. Pourtant, au lendemain de l'annonce par Standard & Poor's (S&P) d'une perspective « négative » sur la note AAA de la dette américaine, une première depuis au moins 1996, l'onde de choc reste vive aux États-Unis. La presse américaine revenait mardi dans les grandes largeurs sur cette décision historique, jugée aussi bien symbolique que salutaire pour un pays qui emprunte plus de 40 cents pour chaque dollar dépensé par l'État fédéral. Et tous les regards se tournent désormais vers Washington, où démocrates et républicains s'opposent toujours sur les questions budgétaires. L'entrée dans le débat de l'agence de notation ne perturbe pas pour autant le petit jeu du chat et de la souris auquel se livrent les deux camps. Chacun voyant dans cette décision une motivation supplémentaire pour camper sur ses positions. « Comme S&P l'explique, nous ne pouvons plus nous permettre d'attendre un jour supplémentaire pour contrôler nos dépenses publiques et notre déficit, estime Éric Cantor, le leader de la majorité républicaine à la Chambre des représentants. C'est pourquoi nous n'accepterons la demande présidentielle de relever le plafond de la dette que si cette mesure est accompagnée de réformes sévères réduisant immédiatement les dépenses fédérales et mettant fin à la culture de la dette à Washington. »Menace du « Tea Party »L'avertissement lancé sur la dette fédérale justifie les efforts entrepris pour trouver un consensus bipartisan, et donc modéré, sur le sujet, jugent au contraire les démocrates. Et ainsi éviter tout blocage idéologique - une menace brandie par les parlementaires du « Tea Party », l'aile la plus dure du parti républicain -, dont les conséquences seraient plus graves que les problèmes actuels. « Les deux camps doivent participer au processus lancé par le président la semaine dernière afin de démontrer notre détermination à réduire nos déficits de manière concertée », explique par exemple Nancy Pelosi, la chef file démocrate à la Chambre.La dette fédérale américaine s'élève aujourd'hui à 14.200 milliards de dollars, tout proche de son plafond fixé par le Congrès à 14.300 milliards. Sans accord pour relever cette limite, l'État serait alors contraint de suspendre cet été une grande partie de ses opérations et le remboursement des emprunts d'État... ce qui placerait le pays en défaut de paiement. Démocrates et républicains devront ensuite s'entendre sur le budget 2012. Barack Obama a présenté la semaine dernière, son plan pour réduire de 4.000 milliards de dollars les déficits attendus sur les douze prochaines années, notamment grâce à une hausse de l'imposition des ménages les plus aisés. Les républicains préconisent, eux, des coupes budgétaires beaucoup plus importantes (5.800 milliards sur dix ans) mais s'opposent à tout renforcement de la fiscalité. Ils privilégient au contraire de tailler dans les dépenses sociales, comme Medicare, l'assurance santé pour les personnes âgées. Un sujet sensible qui cristallise les tensions entre les deux partis. Et l'avertissement lancé par S&P pourrait bien ne pas suffire.

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