LBO : les banques durcissent les conditions de prêt pour les fonds

Lundi, Axa Private Equity, accompagné d'une poignée d'investisseurs, signait le rachat de Go Voyages. Montant de l'opération ? Près de 400 millions d'euros. Pour financer la transaction, quelque 175 millions d'euros ont été apportés sous forme de dette. Trois banques étaient à la manoeuvre : CIC, HSBC et Société Généralecute; Générale. « Peu d'établissements auraient été enclins à accorder ce financement il y a un an », note un acteur du marché. « La liquidité bancaire est de retour, mais sous conditions. »En effet, pour toutes les opérations de taille majeure conclues cette année en France, les mêmes principes ont gouverné les négociations entre fonds d'investissement et banques : effet de levier raisonnable, coût de la dette important et conditions de prêt sécurisées (lire encadré). Ainsi, le financement bancaire utilisé lors du montage d'une acquisition n'excède que très rarement 50 % du montant de la transaction. Par exemple, le fonds BC Partners, lors du rachat du fabricant de produits d'entretien Spotless en février (pour près de 600 millions d'euros), n'a réuni guère plus de 300 millions sous forme de dette.Pour le fonds Cinven, qui rassemble actuellement le tour de table nécessaire au rachat de la société de diagnostic médical Sebia, la donne est identique. La semaine dernière, huit banques lui ont présenté leur projet de financement. Trois d'entre elles ont été sélectionnées : BNP Paribas, Citi et Commerzbank. Hors ligne d'acquisition, le niveau de dette ne dépassera certainement pas 40 % du montant de l'opération, d'après un proche du dossier. Soit 320 millions sur 800 millions d'euros.Ces dernières semaines, Carlyle s'est également attelé à mettre sur pied le montage financier nécessaire au rachat de Giannoni, une PME bretonne avec laquelle il est entré en négociation exclusive. Là encore, l'égalité entre la dette et les capitaux propres devrait être respectée, puisque le fonds recherche environ 250 millions sur 500 millions d'euros. La sélection des banques créancières est actuellement en cours. le prix à payerPour chacun des ces dossiers, l'effet de levier est donc limité et n'inclut pas de dette dite « mezzanine », à l'exception de Go Voyages. Il est équivalent à 4 fois l'excédent brut d'exploitation pour Giannoni et Spotless et à 5,3 fois pour Sebia. Côté banquiers, si les montants accordés ont diminué, les tarifs ont en revanche nettement augmenté. Pour les grands « deals » de la place, les financements coûtent entre 450 à 500 points de base au-dessus de l'Euribor. Avant la crise, la norme se situait entre 250 et 300 points de base. C'est le prix à payer pour revenir sur le marché... n 400 millions d'euros pour go voyages : 175 millions ont été apportés sous forme de dette.

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