« Suez Environnement a donné le meilleur de lui-même pour le contrat du Sedif »

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Comment réagissez-vous au choix du Sedif, le Syndicat des eaux d'Île-de-France, d'écarter votre candidature ? Pour le Sedif, nous avons donné le meilleur de nous-mêmes. Nous nous sommes bagarrés dans les conditions décidées par le syndicat, après son refus de découper le contrat en plusieurs lots, comme nous l'avions proposé pour garantir une large concurrence. Il est frustrant de ne pas gagner à l'arrivée, bien sûr. Mais Suez Environnement gagne et perd des contrats en permanence et je reste confiant dans notre capacité à progresser sur le marché français. Quelles innovations aviez-vous proposé, notamment en termes de gouvernance ?Nous proposions, par exemple, la création d'une société dédiée, afin d'afficher de manière transparente et vérifiable le chiffre d'affaires, la rentabilité ou le niveau d'investissements. Nous proposions aussi d'équiper en moins de cinq ans tous les usagers de systèmes de télérelèves, de créer des maisons de l'eau pour permettre un lien direct entre le client et l'entreprise ou encore des maisons sociales orientées vers la formation dans des quartiers difficiles. Nous avons beaucoup innové pour cet appel d'offres et nous réutiliserons ces propositions pour d'autres villes françaises et dans le monde. Le Qatar, qui avait investi « à long terme » dans Suez fin 2008, avant de revendre l'essentiel de ses titres l'an dernier, vient d'entrer au capital de Veolia. Comment interprétez-vous cet arbitrage ? Mon concurrent et moi-même comptons dans notre actionnariat un certain nombre de fonds investis dans l'ensemble des grandes sociétés d'environnement. Le Qatar détenait 3 % de Suez Environnement, il en a revendu 2 % et gardé 1 %. Il a baissé sa participation, demain il l'augmentera peut-être. Je ne cherche pas de rapport de cause à effet entre ces mouvements. Nous avons avec le fonds Qatari Diar une société commune au Qatar pour le développement des villes nouvelles, et nous continuons à coopérer avec lui. Quelles sont aujourd'hui vos régions prioritaires ? Suez Environnement réalise 78 % de son chiffre d'affaires en Europe, 7 % aux États-Unis et en Australie, et le reste dans les pays émergents. Il est important pour nous de rester dans les pays occidentaux, où les règles du jeu sont stables. Dans ces pays, la crise a souligné la nécessité de modifier nos modes de consommation et de croissance pour prendre en compte la limitation des ressources de la planète. Nous croyons beaucoup à la logique de l'économie circulaire, à la capacité des hommes à recycler une large partie de ce qu'ils ont consommé. Doit-on s'attendre à des acquisitions de votre part ?On regarde en permanence ce qui se passe dans le marché. On suit ce qui nous intéresse, on ne parle que de ce qu'on fait. Actuellement, notre priorité absolue est de bien terminer l'opération Agbar (Aguas de Barcelona, racheté à hauteur de 75 %). Nous avons désormais toutes les autorisations, l'opération devrait se conclure avant la fin du premier semestre. Pour la première fois, on crée une entreprise biculturelle en Europe, numéro un dans l'eau en Espagne et numéro deux en France.

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