Un marché de la sécurité encore embryonnaire

Face aux géants anglo-saxons, comme le sulfureux Blackwater, devenu dixième, ou le leader mondial G4S, coté en Bourse (5,9 milliards de livres de chiffre d'affaires), les sociétés françaises de sécurité font figure de nains. Créées par d'anciens militaires et d'ex-membres des services secrets, les plus anciennes d'entre elles qui se proposent d'assurer la sûreté des entreprises et de leurs salariés à l'étranger ont à peine quinze ans. La plus importante, Geos, qui a été fondée en 1997 par Stéphane Gérardin et Thierry Laulom, a réalisé 41 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2009 avec 480 personnes. Elle revendique la première place en Europe continentale. Le numéro deux français, Risk and Co, issu de la fusion d'Altantic Intelligence (du fameux gendarme Philippe Legorjus) et BD Consultants, emploie 120 personnes pour environ 15 millions d'euros de chiffre d'affaires. La plupart des autres agences (comme Epee, qui travaille pour Areva au Niger, Anticip, ou Gallice Security) comptent au maximum quelques dizaines de collaborateurs et facturent quelques millions d'euros par an. Elles revendiquent toutes des croissances de 10 % à 15 % par an. Luttant contre la réputation de mercenaires et de barbouzes, elles tentent d'imposer le terme de « sociétés de sécurité privée ». Le gouvernement a lancé une mission de réflexion qui pourrait mener à la création d'une structure de contrôle. Ces sociétés proposent une vaste gamme de prestations, incluant presque toutes de l'intelligence économique. plates-formes au NigeriaPour les expatriés opérant dans des zones sensibles, elles offrent des formations pour acquérir des réflexes de base, voire se préparer à l'éventualité d'un kidnapping ou au maniement des moyens de communication satellitaires. Au menu aussi : audit sécurité, sécurisation de sites, logiciels de gestion de crise et de géolocalisation, communication de crise. Comme Risk and Co, qui travaille beaucoup pour Total, notamment au Yémen et au Niger, Geos assure la sécurisation sur des plates-formes pétrolières au Nigeria, pour la construction du métro à Caracas et même celle des équipes de TFI lors du Mondial de football en Afrique du Sud. La législation française interdisant à du personnel d'être armé, leur rôle est alors de coordonner les différents acteurs de la sécurité. Le britannique Control Risks, associé à International SOS, se dit, lui, spécialiste de l'assistance à la gestion de crise en cas d'enlèvement et revendique la clientèle d'« une grande majorité du CAC 40 ». Il propose même une aide à la négociation. X. H. et M.-C. L.

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