Pécresse veut faire de la nouvelle licence un « diplôme pour l'emploi »

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À la veille d'une année 2011 qui doit faire de l'emploi des jeunes une priorité, Valérie Pécresse met les bouchées doubles sur l'insertion professionnelle. Vendredi, la ministre de l'Enseignement supérieur a lancé la deuxième étape de son plan Réussir en licence. Doté de 730 millions sur 2007-2012, ce plan vise à amener 50 % d'une classe d'âge à un diplôme du supérieur. Les universités ayant « amplifié l'action du gouvernement », ce sont en fait 444 millions d'euros de crédits supplémentaires qui ont été consacrés à la licence en 2009 et 2010 au travers de diverses initiatives (lire ci-dessous).Mais la ministre a admis la nécessité « d'aller plus loin ». Outre la mission sur le décrochage à l'université confiée au sénateur Christian Demuynck (lire Latribune.fr du 17 novembre 2010), l'arrêté de 2002 va être réécrit pour « graver dans le marbre » une nouvelle architecture qui s'inspire du rapport Aghion (lire « La Tribune » du 13 juillet 2010) : une 1re année fondamentale « jouant le rôle de portail » (culture générale, soutien) ; une 2e année de professionnalisation articulant enseignements académiques et semestre de professionnalisation (stage, maturation de projet) ; enfin une 3e année de spécialisation et du choix de la poursuite d'étude ou de l'insertion professionnelle. Parallèlement, les passerelles avec les BTS et les IUT seront facilitées. Le nouvel arrêté fixera un horaire minimal d'heures d'enseignement et des référentiels de formation. « Tout cela va dans la bonne direction. Les universités doivent avoir le soucis du placement », se félicite l'économiste Philippe Aghion.ConcertationAprès concertation avec la communauté universitaire, les représentants du monde professionnel et les partenaires sociaux, les contours de cette nouvelle licence seront définis « avant l'été » pour une mise en application progressive « dès la rentrée 2011 ». Cette concertation risque d'être quelque peu tendue. Estimant le plan licence « au point mort », l'Unef, première organisation étudiante, a prévenu la ministre qu'elle attendait « un cadrage réglementaire national » des intitulés et des modalités d'évaluation des diplômes de licence, une application homogène du plan et un rééquilibrage des dotations des universités. A plus long terme, restera aussi à convaincre les employeurs. « Nous sommes l'un des seuls pays au monde où il n'y a pas d'insertion à bac + 3 », a souligné Valérie Pécresse, misant sur la participation des partenaires sociaux à la « conception » des diplômes.

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