La facture à l'international s'alourdit pour Crédit Agricole

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Les velléités du Crédit Agricolegricole à l'international au cours des années 2000 lui coûtent décidément cher. Après avoir enregistré une perte de 1,1 milliard d'euros sur les neuf premiers mois de 2010 à cause des difficultés de sa filiale grecque Emporiki, le groupe français a annoncé vendredi soir une dépréciation de 1,25 milliard d'euros sur son investissement dans Intesa Sanpaolo. Cette perte comptable est directement liée à sa décision de renoncer à sa représentation au conseil de surveillance de la banque italienne, dont il détient 4,79 % du capital. Jusqu'à cette annonce, la participation de Crédit Agricolegricole dans le groupe trans-alpin était comptabilisée à sa valeur d'acquisition. Avec la sortie de la banque verte du conseil de surveillance, cette participation est reclassée comme actif disponible à la vente et, par conséquent, actualisée au prix de marché. Or le cours d'Intesa Sanpaolo a été divisé par trois depuis début 2007. Résultat, l'investissement du groupe français se solde par un impact négatif de 1,25 milliard d'euros. Certainement suffisant pour faire passer ses comptes dans le rouge au quatrième trimestre, puisque les analystes tablaient avant cette annonce sur un résultat net compris entre 400 et 900 millions d'euros sur la période. Depuis le début de l'année, il a enregistré un résultat net de 1,59 milliard d'euros. nouveau plan stratégiqueSeuls points positifs, Crédit Agricolegricole a assuré que cet événement n'affecterait pas le dividende 2010 et ne remettait pas « en cause ses estimations s'agissant de sa capacité à faire face aux nouvelles exigences de Bâle III ». Le 10 novembre, la banque avait précisé qu'elle ne ferait pas appel au marché pour se conformer aux nouvelles règles prudentielles. Au total, l'impact du reclassement comptable sur ses ratios de fonds propres Tier One et Core Tier One serait, respectivement, de - 10 et - 38 points de base. Au 30 septembre, ces deux indicateurs s'établissaient à 10 % et 9,8 %. Malgré cette décision, Crédit Agricolegricole a indiqué qu'elle ne prévoyait pas de céder sa participation dans Intesa Sanpaolo à court terme, car « les niveaux de cours actuels [...] ne lui semblent pas refléter la valeur fondamentale de cet actif ». Au départ, le dispositif permettant à la banque verte d'avoir une représentation au conseil de surveillance d'Intesa Sanpaolo devait prendre fin au plus tard le 30 juin 2011. Mais la préparation de son nouveau plan stratégique, qui sera présenté en avril, a poussé le groupe à prendre sa décision plus tôt. Pour régler un différend avec l'autorité de la concurrence italienne, Crédit Agricolegricole s'était engagée début 2010 à faire descendre sa participation sous les 5%, contre 5,8% à l'époque, et à ce que ses droits de vote (4,99%) au-dessus de 2% soient gelés en juillet 2011.Vendredi 17 décembre, le titre de la banque a clôturé en baisse de 2,5 %.

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