Stress-tests européens : encore des zones d'ombre

Un an après l'échec de sa première batterie de « stress-tests », qui n'avait pas permis d'anticiper la déconfiture imminente du système bancaire irlandais, l'Europe parviendra-t-elle enfin à dissiper les doutes sur la solidité de ses banques ? Rien n'est moins sûr au vu des zones d'ombres qui ont entaché le lancement de l'édition 2011. La nouvelle Autorité bancaire européenne (EBA), née le 1er janvier, a publié vendredi la méthodologie de ces tests de résistance, dont les résultats sont attendus courant juin. L'exercice consiste à simuler l'impact d'un scénario « dégradé » (lire ci-contre) afin d'identifier les banques sous-capitalisées. « La sévérité de ce scénario ne fait aucun doute, même s'il ne prend pas en compte le risque de choc pétrolier », note un banquier français. Mais comme l'an dernier, l'hypothèse d'une aggravation de la crise des dettes souveraines en Europe ne sera testée que sur les portefeuilles de trading, et non sur les titres d'État détenus à maturité, qui constituent pourtant 80 % du total. L'Europe persiste en effet à exclure le scénario d'une restructuration de dette souveraine, pourtant jugé probable par les marchés. Pour compenser, les banques dévoileront plus précisément leurs portefeuilles détenus à maturité. « Les analystes vont pouvoir recouper cette information avec les niveaux de décote constatés sur le marché secondaire afin d'évaluer les pertes potentielles en cas de restructuration, en fonction des pays émetteurs et des maturités », souligne Jean-Louis Mullenbach, du cabinet Bellot Mullenbach et Associés.Autre point positif, l'EBA, qui doit recevoir les résultats par pays le 29 avril, s'est laissé environ 6 semaines pour vérifier leur qualité et leur comparabilité. « L'EBA, qui compte sur cet exercice pour asseoir sa crédibilité, espère ainsi répondre aux principales critiques adressés aux stress-tests de l'an dernier, mais elle devra affronter les réticences de certains régulateurs nationaux », souligne Nicolas Véron, du centre de réflexion Bruegel. « À l'envers »Reste que certains points essentiels pour la crédibilité de l'exercice restent encore en suspens. À commencer par la liste des banques concernées, qui devrait exclure les banques régionales allemandes, pourtant au centre des interrogations. Mais aussi la définition des fonds propres pris en compte et le seuil de solvabilité en dessous duquel une recapitalisation est jugée indispensable. « Tout ceci fait craindre que l'exercice ne soit conduit à l'envers, en fixant les paramètres de façon à obtenir le résultat souhaité », pointe un observateur. Enfin, la liquidité, élément clé pour la survie des banques, fera l'objet d'une analyse séparée, dont les résultats seront réservés aux régulateurs.

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