Le pétrole en proie aux rebondissements géopolitiques

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Assaut militaire en Libye après le vote du Conseil de sécurité des Nations unies, rebondissements armés ou diplomatiques dans les pays arabes : les cours du pétrole, qui avaient reculé en première partie de semaine sous l'effet de la catastrophe survenue au Japon, ont évolué vendredi dernier au rythme de la Libye et devraient, ce lundi, varier en fonction des frappes aériennes de la coaliti on. Négocié entre 113 et 117,30 dollars vendredi, le baril de brent a conclu la semaine à 114,50 dollars. Sur le Nymex, le WTI cotait de nouveau 101,60 dollars.« La décision du Conseil de sécurité des Nations unies pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses », souligne Harry Tchilinguirian, chez BNP Paribas. « Comment va se résoudre cet affrontement militaire ? Sera-t-il long ? Dans ce deuxième cas, le retour à la normale de la production libyenne apparaît comme une perspective lointaine. »De 1,6 million de barils/jour avant la rébellion, la production d'or noir libyenne serait tombée entre 300.000 et 600.000 barils/jour. L'Arabie Saoudite (8,6 millions de barils en janvier) a augmenté la sienne pour compenser. Alors que la vague des protestations se propage, le marché fait les comptes des capacités de production excédentaires. Et l'intervention des forces saoudiennes pour soutenir le royaume de Bahreïn face aux manifestants n'est pas pour calmer les esprits. « Non pour des questions de production au Bahreïn (180.000 barils par jour), mais pour des questions géopolitiques transfrontalières », précise Harry Tchilinguirian. « Le Bahreïn menace de devenir source de discorde entre l'Arabie Saoudite et l'Iran - entre communautés sunnite et chiite - les deux producteurs les plus importants de l'Opep », souligne Eugen Weinberg chez Commerzbank.« Malgré les différences de qualité de brut, l'Arabie Saoudite, du fait de ses capacités de production excédentaires de 3,5 millions de barils par jour, est considérée comme un coussin de sécurité important », poursuit le stratège de BNP Paribas. « Un soulèvement en Arabie Saoudite accompagné d'une interruption de la production de pétrole [hypothèse que l'expert n'a pas retenue dans son scénario] serait un événement insurmontable du point de vue de l'offre sur le marché. » Pour Eugen Weinberg, le pétrole s'envolerait à 150 dollars et au-delà. Pour l'heure, le roi Abdallah a annoncé vendredi de nouvelles mesures sociales, pour 67 milliards de dollars. Seul élément certain du moment, alors que la situation japonaise reste toujours un élément important pour le marché, la volatilité promet de rester la norme de longs mois encore. Christèle Frad

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