Le russe Alrosa se prépare à devenir le plus grand producteur de diamants coté

Souvent réservés à un cercle restreint de traders, les diamants russes devraient bientôt constituer une classe d'actifs accessible en Bourse. L'entreprise Alrosa, premier producteur au monde de ces pierres à facettes, jusqu'alors entièrement contrôlé par l'État russe a indiqué qu'elle envisageait une cotation pour le milieu de l'année prochaine. À Londres, Moscou, Toronto ou Hong Kong, pour l'heure le lieu n'a pas été fixé. « Nous souhaitons céder 20 à 25 % du capital, ce qui nous permettrait de lever 3 milliards de dollars », a prévenu Fyodor Andreev, le patron du groupe sibérien dans un entretien accordé à l'agence Bloomberg. « Cette somme devrait nous permettre d'éponger les dettes de l'entreprise (inscrite à 3,2 milliards de dollars, ndlr) et de financer notre expansion», ajoute-t-il. Sur ce dernier point, Alrosa ambitionne de faire passer sa production de 34 millions de carats en 2010 à 40 millions d'ici à 2018, en investissant 7,5 milliards de dollars, notamment dans de nouvelles mines. « À la fin de l'année dernière nous avons augmenté nos prix de 5 % et cette année, nous pensons poursuivre cette tendance sur une hausse de plus de 10 % », a précisé le patron du diamantaire. « Nos prix sont d'ores et déjà en hausse de 8 % par rapport à leur plus haut touchés avant la récession en 2008 », poursuit-il, alors que le secteur des diamants bruts, en proie selon lui à une « bulle » sur les prix, a connu l'an dernier une hausse de 26 %. valorisé entre 6 et 12 millardsSi l'opération est menée à son terme, Alrosa devrait être le diamantaire coté le plus important au monde. Son principal rival, le Sud-africain DeBeers, a quitté la Bourse de Johannesbourg en 2001. Quant à Rio Tinto et BHP Billiton, leurs activités sont plus diversifiées que celles d'Alrosa, les diamants ne représentant que 5 % environ de leur production. Faute de réel élément de comparaison, « la société devrait être valorisée à des multiples comparables aux groupes de mines d'or » , précise le président, selon lequel les analystes valorisent déjà le groupe entre 6 et 12 milliards de dollars. Marjorie Bertouille

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