La refonte du fonds européen de stabilité dans sa phase finale

Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent ce lundi pour discuter de la manière dont le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et son successeur en 2013, le Mécanisme européen de stabilité (MES), seront renforcés. Intervenue dans la nuit du vendredi 11 mars, la décision de doper la capacité de prêt des deux structures à respectivement 440 et 500 milliards d'euros, qui doit être formalisée les 24 et 25 mars prochains, fait encore débat.Déjà évoquée lors de la dernière réunion du 14 mars, la question porte sur l'augmentation des garanties étatiques des deux fonds, destinés à soutenir les États de la zone euro en difficulté financière. Dans le cas du FESF, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaeuble a déjà fait des concessions en déclarant mardi que son renforcement serait « en grande partie » effectué par des augmentations de garanties, tout en ajoutant que « d'autres éléments doivent être examinés », comme des versements en capital ou du capital exigible. Mais le sort du MES, qui a vocation à être permanent, reste plus flou. Ce mécanisme peut difficilement reposer majoritairement sur des garanties des États membres d'un point de vue politique, les garanties assumées par Allemagne dans le cas du FESF devant notamment totaliser plus de 200 milliards d'euros, selon Royal Bank of Scotland. Outre les sources de l'augmentation de capacité des deux fonds, les ministres des Finances pourraient également de nouveau évoquer les aspects opérationnels. Initialement destiné à lever des fonds pour les prêter aux pays incapables de se financer en échange de mesures de rigueur, le FESF, ainsi que son successeur, bénéficie depuis le 12 mars de la capacité d'acheter des obligations lors des émissions des États. Une mesure qui avait surpris les marchés et déplu à la BCE.Instruments appropriésContrainte d'acheter depuis le début de la crise 77,5 milliards d'euros de dette sur les marchés secondaires pour tempérer l'envolée des taux, la banque centrale et son président Jean-Claude Trichet militent depuis plusieurs mois pour se décharger de ce fardeau, qui perturbe la conduite de sa politique monétaire. « L'ESM devrait avoir la capacité d'employer une gamme d'instruments appropriés pour combattre efficacement la contagion dans des situations de vive instabilité des marchés », souligne la BCE dans un document publié ce jeudi dans le cadre de son rôle consultatif. Julien Beauvieux

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