Terra Firma prépare un nouveau plan de secours pour EMI

C'est un coup de poker que tente Terra Firma pour sauver EMI. Ayant besoin de 120 millions de livres (136 millions d'euros) pour honorer son contrat avec sa banque, le fond de private equity a décidé de demander... trois fois plus à ses actionnaires. Selon une source proche du groupe, Terra Firma va demander 360 millions de livres (410 millions d'euros) à ses actionnaires. Selon cette source, cela permettrait à la maison de disques d'assurer son avenir « pour cinq ans », le temps de refinancer son énorme dette.EMI, mythique maison de disques britanniques (à son apogée, elle a signé les Beatles, Pink Floyd, Queen...), est dans une situation critique. L'entreprise a essuyé l'an dernier (avril 2008 à mars 2009) une perte de 1,5 milliard de livres (1,6 milliard d'euros), le double de l'année précédente.120 millions de livres à rembourserOutre le problème de la concurrence d'internet et du recul des CD, qui touche toutes les majors, EMI est aussi écrasée par la dette. Celle qui a permis à Guy Hands, le patron de Terra Firma, de financer son acquisition en 2007. Aujourd'hui, celui-ci doit 3,2 milliards de livres (3,6 milliards d'euros) à la banque américaine Citigroup. Cette dernière lui demande 120 millions de livres d'ici mi-juin.Guy Hands sait que cette somme ne fera que repousser le problème pour quelques moi. Il préfère tenter de régler les problèmes pour le long terme. Les actionnaires risquent cependant de faire grise mine : la valeur de leur investissement dans EMI a déjà été réduite de 90%, mais ils doivent à nouveau mettre la main à la poche.Suppressions de postesClé des négociations financières, EMI prépare un nouveau plan de redressement. Celui-ci est dirigé par Charles Allen, nouveau président exécutif, qui a pris la tête de la maison de disques le mois dernier après le départ surprise de son prédécesseur, Elio Leoni-Sceti, resté seulement 18 mois à son poste. Ancien directeur de la chaîne de télévision ITV, le patron préparerait de nouvelles suppressions d'emplois à EMI, selon le Times.Une autre solution serait de vendre une partie d'EMI, ou de ses droits sur ses anciens artistes. Mais les négociations avec Universal Music et Sony Music le mois dernier pour un accord de licence en Amérique du Nord ont échoué. La vente d'EMI au Japon serait également envisagée, ainsi que celle de la collection de musique classique et de jazz. Quelle que soit la solution retenue, les prochaines semaines seront cruciales pour la maison de disques.

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