Les marchés d'Europe de l'est résistent au marasme de la zone euro

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En dépit de la tempête qui souffle depuis la mi-avril sur les places européennes, les marchés d'Europe de l'Est font preuve jusqu'ici d'une bonne résistance. Mieux encore, certains indices surperforment même les marchés asiatiques. L'OMX en Estonie s'adjuge plus de 37 % depuis le début de l'année. Dans son sillage, les indices de référence de Lettonie et de Lituanie s'apprécient de plus de 23 % et 17 % sur la même période. La place ukrainienne enregistre quant à elle une hausse de 19,65 %. Dans une moindre mesure le principal indice polonais ne perd que 1,71 % depuis janvier.L'Europe de l'Est serait-elle devenue une zone refuge pour les investisseurs en quête de quelques certitudes ? En fait, ces indices profitent surtout de leur forte hausse enregistrée en tout début d'année. Cela tient essentiellement à un effet rattrapage après une année manquée en 2009. La menace de faillite qui pesait sur certains pays a suscité la défiance des investisseurs et ces marchés sont complètement passés, l'an dernier, à côté du rally boursier. Alors même que certains indices asiatiques s'appréciaient parallèlement de 60 %. Mais «  la surperformance du début d'année s'est réduite avec la crise de la zone euro », analyse Laurent Boudoin, directeur général de Stelphia AM.état de grâce en périlDu reste, l'effet rattrapage n'explique pas tout. « On note notamment une superformance des marchés dont les pays ont des fondamentaux meilleurs que certains pays de la zone euro. C'est le cas de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque dont le déficit public est compris seulement entre 4 % et 6 % du produit intérieur brut », souligne Laurent Boudoin. Un avis que partage Alexandre Hezez, directeur des gestions chez Conviction AM. « Du fait des efforts déployés ces dernières années pour réduire leurs déficits, des pays se retrouvent aujourd'hui dans des conditions budgétaires plus enviables que la Grèce ou l'Espagne. En outre, certaines économies d'Europe de l'Est ont d'ores et déjà retrouvé des niveaux de production industrielle comparables à ceux d'avant crise », explique ce dernier. La croissance des exportations atteint jusqu'ici 22 % en République tchèque ou 15 % en Hongrie.Reste que cet état de grâce pourrait ne pas durer. « La crise, qui met à mal actuellement la zone euro et les politiques d'austérité qui promettent de peser sur la croissance, ne devrait pas tarder de mettre à mal les pays d'Europe de l'Est », estime Alexandre Hezez. Et celui-ci d'ajouter que « ces pays sont à la zone euro ce que les small et mid cap sont aux grosses capitalisations. Le risque est qu'ils sont fragiles et peuvent vite décaler. L'impact peut être violent si le marasme se poursuit en Europe ». nInfographie2col 50mm

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