La vague de revendications salariales ne fait que débuter en Chine

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Li, 26 ans, a accepté de reprendre son travail. Mais il ne cache pas son ressentiment d'avoir obtenu si peu de la grève chez Foshan Fengfu Auto Parts qui fabrique des pots d'échappement pour Honda. « On touche à peine 10 yuans (1,18 euro) de l'heure, alors que les ouvriers de l'automobile au Japon ou aux États-Unis gagnent jusqu'à 50 fois plus », se plaint-il.Dans l'usine qui l'emploie depuis deux ans, les ouvriers gagnent désormais un salaire de base de 1.500 yuans (178 euros), soit 300 yuans de plus qu'avant la grève. Mais cela reste trop juste pour vivre, payer logement et nourriture. Toyota, un autre constructeur japonais installé à Tianjin, près de Pékin, a évité un conflit social de justesse. La production doit reprendre lundi.Mais la vague de revendications salariales provoquée par une série de suicides chez un fournisseur d'Apple, Foxconn, devrait s'étendre. Elle correspond en effet à un manque de main-d'oeuvre qualifiée dans les industries à forte valeur ajoutée. « Les premières pressions salariales s'étaient fait sentir en 2008, puis avaient été abandonnées à cause de la crise. On peut s'attendre à ce qu'elles reprennent dans l'ensemble du pays », estime Patrick Chovanec, professeur d'économie à l'université de Tsinghua. L'industrie chinoise monte en gamme et en qualité, les salaires suivront. »Entreprises étrangères cibléesLes entreprises étrangères continueront d'être la principale cible de ces revendications. Elles sont très soucieuses de leur image et ne peuvent se permettre de se voir accoler une étiquette d'exploiteurs. En outre, elles investissent souvent davantage que leurs homologues chinoises dans la formation et ne souhaitent pas voir leurs ouvriers qualifiés partir. A terme, les revendications salariales pourraient s'étendre aux industries à moins forte valeur ajoutée tournées vers l'exportation. Les grands travaux lancés dans les provinces dans le cadre du plan de relance ont tari le flux de main-d'oeuvre bon marché en provenance des campagnes. Il faudra attendre au moins 18 mois pour voir cette masse revenir vers ces industries. Ces entreprises, qui dégagent bien souvent de faibles marges, doivent en outre faire face à la chute de 17 % l'euro depuis le début de l'année. Une nouvelle appréciation du yuan laminera un peu plus encore leur marge. Certaines entreprises du textile parlent déjà de mettre la clé sous la porte. Virginie Mangin, à Pékin

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