Embellie printanière en trompe-l'oeil dans le monde des TPE
La Tribune
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Surtout, ne nous emballons pas. Alors que la canicule menace la France, c'est un soleil un peu pâle qui réchauffe le climat des affaires des très petites entreprises (TPE). Selon l'enquête réalisée par l'Ifop pour Fiducial auprès des entreprises qui emploient moins de vingt salariés, les indicateurs de conjoncture (activité, situation financière ...) se sont timidement redressés au deuxième trimestre. Pour mémoire, 97 % des entreprises françaises sont des TPE. Elles représentent 37 % de l'emploi et 28 % de la valeur ajoutée en France.C'est dans le domaine de l'emploi que l'amélioration est la plus nette. L'indicateur de créations nettes d'emploi est en effet repassé dans le vert, les TPE ayant à nouveau embauché entre avril et juin alors qu'elles avaient détruits des postes au cours des trois précédents mois.Interrogés sur les conditions d'accès au crédit, les dirigeants sont moins nombreux (19 %, contre 24 % trois mois plus tôt) à déclarer avoir subi un durcissement de la part de leur banque.A noter, le climat des affaires dans les TPE évolue au même rythme que celui dans lequel baignent les entreprises plus importantes. Les enquêtes réalisées par l'Insee ont également constaté une amélioration de la conjoncture entre avril et juin. Malheureusement, cette embellie printanière ne devrait pas se prolonger au-delà de l'été. « L'infléchissement plutôt positif des principaux indicateurs de tendance est survenu à l'approche de la période estivale. C'est pourquoi il est pour le moins prématuré de conclure à un frémissement durable de reprise de l'activit頻, explique Jean-Marc Jaumouillé, le directeur des techniques professionnelles de Fiducial. Un sentiment conforté par les anticipations des dirigeants de TPE. La majorité d'entre eux anticipent une baisse sensible de leurs ventes au troisième trimestre. Le faible recours au CDI, qui ne représente qu'un tiers des embauches du deuxième trimestre (contre 58 % en CDD) et des prévisions de suppression de postes en forte hausse (7 % d'ici fin septembre contre 4 % entre avril et juin dernier) témoignent également du pessimisme ambiant. Selon les prévisions de l'Ifop pour le troisième trimestre, l'indicateur de créations nettes d'emplois repasserait dans le rouge.renoncement à investirMême l'amélioration de la perception des banques par les chefs d'entreprises témoigne de la fragilité de la reprise printanière. « Elle masque en fait une autre réalité: le renoncement à investir et donc à demander des financements », regrette Jean-Marc Jaumouillé. En effet, Fiducial constate une très nette chute des demandes de financement au deuxième trimestre.Dans ce contexte, l'action du gouvernement peine à convaincre. Seuls 33 % des chefs d'entreprises, contre 35 % au premier trimestre, font confiance au gouvernement pour les sortir de l'impasse économique actuelle. Soit le plus bas niveau de confiance des dirigeants de TPE depuis l'élection de Nicolas Sarkozy en mai 2007. Fabien Piliu
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