La présence de Wolfgang Schäuble au Conseil des ministres co...

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France-Allemagne : je t'aime moi non plusEn apparence, les relations franco-allemandes vont pour le mieux. Lors de sa dernière intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a vanté le « modèle allemand » et sa bonne entente avec Angela Merkel. Le président français aura l'occasion ce mercredi de faire part de son admiration au ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, qui participera au conseil des ministres du gouvernement français à l'Élysée. Le ministre allemand rendra ainsi sa visite à son homologue française, Christine Lagarde. Celle-ci avait participé au Conseil de cabinet de Berlin le 31 mars et en était revenue fort satisfaite. Mais derrière ces amabilités de salon, les tensions demeurent et les différends sont profonds. Sur la réforme de la zone euro, Angela Merkel a répété son refus de créer, comme le réclamait Paris, un « gouvernement économique » des Seize, s'en tenant à son idée d'une coopération au niveau des Vingt-Sept. A Paris, on s'est montré également irrité par le plan de rigueur de 80 milliards d'euros - plus vaste qu'attendu - du gouvernement de Berlin. Mais en Allemagne, on estime que le retour à l'équilibre des Finances publiques est incontournable pour assurer la croissance future. Pour corser le tout, les deux gouvernements sont en difficulté sur le plan intérieur, ce qui ne favorise guère leur volonté d'avaler des couleuvres imposées par le partenaire transrhénan. « Le débat sur les questions budgétaires et européennes est naturel et inévitable, car les cultures, les modèles économiques et les choix ne sont pas les mêmes des deux côtés du Rhin et il faut vivre avec  », souligne Henrik Uterwedde, vice-président de l'institut franco-allemand de Ludwigsburg. Pour autant, le dialogue franco-allemand reste intense. Compromis nécessairesAu-delà du caractère de parade des visites et des louanges, les deux pays s'appuient en effet sur de nombreuses institutions communes et sur des échanges constants, notamment au sein des administrations. « La densité des contacts entre les deux pays aide à passer certains moments et à trouver des compromis nécessaires », affirme Henrik Uterwedde, qui rappelle que le « conflit n'est pas gênant s'il permet de déboucher sur des solutions concrètes ». Pour lui, Français et Allemands pourraient se retrouver sur la question de la régulation financière et de la taxe bancaire. Malgré le cavalier seul de l'Allemagne sur l'interdiction des ventes à découvert, les deux pays ont des positions assez proches. « France et Allemagne partagent l'idée d'une économie de marché régulée, sociale et durable, même si elles divergent souvent dans la façon d'y parvenir, et ceci les distingue du modèle américano-britannique », rappelle Henrik Uterwedde. Une offensive commune sur le front de la régulation pourrait alors constituer une « sortie par le haut » de l'actuelle tension franco-allemande.

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