Washington tarde à se pencher sur le dossier des saisies immobilières

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L'administration américaine va-t-elle enfin sortir de sa torpeur ? Devant les proportions prises par l'affaire des saisies immobilières irrégulières, une réunion d'urgence s'est tenue ce mercredi, autour notamment Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor, de Shaun Donovan, son homologue au logement et au développement urbain, et d'un haut responsable du département de la Justice. Jusqu'à présent, l'exécutif s'était montré plutôt discret, pour ne pas dire distant. Un suicide politique, en pleine période électorale. Pas un jour en effet sans que la presse américaine ne fasse ses gros titres sur le sujet. Et que ses révélations mettent en lumière l'ampleur de ce scandale annoncé. Face aux protestations et à la colère, Washington s'est contenté de rappeler les prêteurs à leurs obligations. Et de rejeter la demande de plusieurs sénateurs démocrates d'imposer un moratoire sur les saisies. « Un remède plus dommageable que le mal », expliquait-on au sein de l'administration Obama.Pratiques douteusesIl était donc de temps de réagir. Sur le plan politique bien entendu, mais aussi parce que les saisies immobilières continuent. Bank of America a annoncé lundi soir la reprise des procédures dans 23 États, moins de deux semaines après les avoir gelées sur l'ensemble du territoire. Et elle entend relancer 102.000 dossiers en une semaine. « Nous avons examiné l'ensemble de nos pratiques et nous sommes parvenus à la conclusion qu'elles étaient correctes », justifie Barbara Desoer, l'une des dirigeantes de la banque américaine.« Comment ont-ils pu valider si rapidement tous ces dossiers », fulmine de son côté Peter Ticktin. Cet avocat floridien assure disposer de plusieurs témoignages de salariés de Bank of America, de JPMorgan et d'une filiale de Goldman Sachs, illustrant leurs pratiques douteuses. « Il y avait tout un système en place pour fabriquer de faux documents », poursuit-il avant de s'interroger : « comment vont-ils pouvoir traiter 102.000 dossiers si ce n'est en utilisant les mêmes méthodes ? ». Une question à laquelle devra bientôt répondre la justice américaine. Jérôme Marin, à New York

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