UMP : le programme économique très "décomplexé de "la Droite Forte"

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Quelque peu éclipsé par le psychodrame sur la présidence du mouvement, un autre vote était également organisé dimanche 18 novembre au sein de l\'UMP. Celui sur les motions qui doit permettre de représenter (en fonction de leur poids respectif) les différents courants au sein des instances du parti. La reconnaissance officielle de ces mouvements, un engagement de Jean-François Copé, aura attendu dix ans. En effet, leur existence était inscrite dans les statuts fondateurs du parti en 2002 mais sans réelle concrétisation jusqu\'ici. Et, surprise, c\'est la motion \"La Droite Forte\" qui est arrivée en tête avec plus de 27% des suffrages, devant la Droite Sociale de Laurent Wauquiez (soutien de François Fillon) qui totaliserait 21,7%.Guillaume Peltier, un ancien FN rallié tardivement à l\'UMP\"La Droite Forte\" est animée par deux jeunes militants UMP qui commencent à se faire une place au soleil, au grand dam des barons de l\'UMP qui leur reprochent une certaine esbroufe en privilégiant davantage la forme que le fond et, surtout, de vouloir tirer à eux l\'héritage sarkozyste. Guillaume Peltier, d\'abord. 36 ans, chef d\'entreprise, responsable UMP de la 1ère circonscription d\'Indre-et-Loire. Il a commencé à militer au Front National, avant de rejoindre le MNR de Bruno Mégret lors de la scission avec le FN en 1998. Puis il se tourne vers le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers dont il deviendra numéro 2 et responsable de sa campagne présidentielle en 2007. A cette époque, il n\'avait cesse de dénoncer \"la fausse droite\" et son candidat Nicolas Sarkozy... Avant de rejoindre l\'UMP en 2009 et de devenir le plus parfait zélateur du Président de la République. Il deviendra même porte-parole adjoint de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2012. Geoffroy Didier, ensuite. 36 ans également, cet avocat est conseiller régional d\'Ile-de-France. Il fût coordinateur de la \"cellule riposte\" de Nicolas Sarkozy durant la dernière campagne.Les deux hommes ne cachent pas leur côté \"droite décomplexée\", ils ont soutenu Jean-François Copé contre François Fillon dans la lutte pour la présidence de l\'UMP. Leur programme économique et social (qui comporte une vingtaine de mesures) affiche la couleur, en voulant \"porter la parole des sans-grade du capitalisme\". Un mélange de mesures étatistes et libérales.Retour aux 40 heures... payées 45 heuresPar exemple, \"La Droite Forte\" propose d\'augmenter la durée légale du travail en instaurant sur cinq ans la semaine des 40 heures payées 45 heures (à la place des 35 heures payées 39 heures aujourd\'hui). Selon le programme , \"En échange de cette augmentation du temps de travail de 5 heures par semaine, les salariés seraient payés davantage par un système mixte d\'actionnariat dans l\'entreprise et de rémunération nette\". Elle propose aussi  \"d\'accompagner les chômeurs le plus rapidement possible vers l\'emploi\". Il s\'agirait d\'accorder une \"prime au travail\" de 50.000 euros à toute PME qui embauchera un chômeur en CDI.Sur le plan fiscal, la Droite Forte prône une obligation pour les banques de prêter en priorité aux PME, lorsqu\'elles affrontent une difficulté et que leur modèle économique est viable, à hauteur de 50% des montants apportées à celles-ci par l\'entreprise depuis sa création. Il s\'agirait aussi de  \"révolutionner et assouplir le Code du travail en permettant aux accords d\'entreprise de se substituer progressivement à celui-ci. Il conviendrait aussi d\'instituer un contrat de travail unique où les droits des salariés augmenteraient avec le temps. Bien entendu, comme le reste de l\'UMP, la Droite Forte milite pour une baisse du coût du travail, via l\'instauration d\'une TVA anti-délocalisation qui permettrait de faire \"peser sur les importations une partie des cotisations aujourd\'hui payées par les entreprises\".L\'Etat et les collectivités doivent acheter \"local\"L\'Etat devrait aussi s\'engager à \"une stabilité fiscale pour les PME de moins de 250 salariés pour au moins cinq ans\".Par ailleurs, l\'Etat et les administrations devraient aussi être contraints \"à acheter au moins 50% de produits fabriqués dans l\'Union européenne \". Et ce dispositif serait étendu aux collectivités territoriales qui devraient acheter pour au moins 50% dans leur région.La Droite Forte se propose aussi \"d\'aligner tous les régimes publics sur ceux du privé : le régime de retraite, les jours de carence, les cotisations chômage ou encore les tarifs des hôpitaux publics\". A cet égard, s\'agissant des retraites, le courant Droite Forte milite pour l\'instauration d\'un âge de départ légal à la retraite à 65 ans pour une retraite à taux plein. Quant aux allocations chômage, il s\'agirait de rétablir leur dégressivité \"afin de lutter contre les trappes à inactivité\". La Droite Forte veut aussi rétablir la règle du non remplacement d\'un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite mais \" hors domaine régalien\". Last but not least, il conviendrait également de contraindre les collectivités locales de plus de 30.000 habitants à réduire leurs dépenses de fonctionnement. Pour les y contraindre, il serait instituer une taxe progressive de 5% puis 10% sur les dotations attribuées par l\'Etat à ces collectivités si elle ne respectent pas leur obligation. Reste à savoir ce que le nouveau président de l\'UMP retiendra de ces idées, sachant qu\'il devra également tenir compte des autres sensibilités du mouvement... Surtout après une victoire si étriquée. 

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