Polémique autour de l'usine Renault en Algérie

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On en sait plus sur le projet d\'implantation d\'une usine Renault près d\'Oran (Algérie). Alors qu\'une signature officielle de l\'accord concocté entre le gouvernement algérien et la direction de Renault est imminente, le ministre de l\'industrie algérien a donné quelques précisions sur les termes de cet accord. Ce texte, qui doit être signé en présence de M. Bouteflika et M. Hollande, en visite officielle en Algérie, suscite de nombreuses critiques.De nombreux observateurs se disent ainsi très surpris par le montant de l\'investissement estimé à 1,2 milliard d\'euros par le ministre algérien de l\'industrie. L\'Etat participera à ce financement à hauteur de 51% contre 49% pour Renault. Il faut dire qu\'à côté, l\'usine Dacia de Tanger (groupe Renault) n\'aura coûté qu\'un milliard d\'euros pour une production de 400 000 véhicules par an pour deux modèles. Celle d\'Oran aura une capacité, en vitesse de croisière, de 75 000 véhicules, et ne sera pas tournée vers l\'export.Comment Renault défend son précarré algérienRenault a également obtenu une exclusivité de trois ans (le groupe voulait cinq ans) sur les accords d\'implantations industrielles automobiles avec le concours de fonds publics. Avec cette clause, Renault empêche Volkswagen de poser le pied en Algérie. Celui-ci avait pourtant entamé des discussions avec Alger autour d\'un projet d\'usine de 100 000 voitures tourné vers l\'export. Le constructeur allemand pourrait désormais se tourner vers le Maroc voisin.Pour Renault, il s\'agit de conforter sa position de leader sur le très dynamique marché algérien. Sur les neuf premiers mois de l\'année 2012, celui-ci s\'est élevé à 420 000 véhicules, soit une progression de 40% en un an. Avec un objectif de 100 000 véhicules en 2012, le groupe Renault est largement leader sur ce marché. Il est suivi de Hyundai et de Peugeot.L\'automobile pèse sur la balance commerciale algérienneMais avec cette clause d\'exclusivité, Renault met le gouvernement algérien dans l\'embarras. Pour le gouvernement algérien, le marché automobile est essentiellement un marché d\'importations. Du coup, la hausse des ventes de voitures représente un véritable gouffre commercial. En 2012, le marché automobile pourrait coûter 7 milliards de dollars sur le total des importations algériennes. Certes, le pays a encaissé un excédent commercial de 27 milliards de dollars en 2011, essentiellement grâce aux exportations d\'hydrocarbures. Mais en cas de baisse des cours du pétrole, Alger pourrait alors être contraint de prendre des mesures contre les achats de voitures neuves, comme il le faisait entre 2008 et 2009 (interdiction des crédits automobiles, taxe sur les véhicules neufs)...

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