Mexico pour faire

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C'est bien évidemment la déception qui domine. Le grand rendez-vous de Copenhague, minutieusement préparé depuis deux ans et présenté par nombre de politiques et d'ONG comme un sommet crucial pour l'avenir de la planète, a finalement débouché sur un accord a minima, arraché de haute lutte samedi au petit matin, indépendamment même du processus de l'ONU ou du protocole de Kyoto, et ratifié par 116 pays sur 193. Même la France a hésité, un moment, à signer l'accord. Le Conseil de l'Europe regrette « un manque d'ambition », Nicolas Sarkozy et Barack Obama jugent l'accord « insuffisant » et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, tente de surmonter la désillusion en évoquant « une première étape essentielle ». Pour les écologistes, ce sommet est tout simplement « un fiasco » et Nicolas Hulot parle « d'un formidable gâchis ». Preuve du grand malaise ambiant, la conférence se contente officiellement de « prendre note » de l'accord. Ce dernier avalise certes les conclusions des scientifiques du Giec en rappelant que la hausse de la température moyenne doit être limitée à 2 °C et appelle à « prendre des mesures pour respecter cet objectif ». En revanche, pas de contraintes chiffrées sur les émissions, les pays signataires étant simplement invités à livrer leurs objectifs chiffrés d'ici la fin janvier? sur la base du volontariat. Lot de consolation : tous les pays, notamment émergents, sont désormais à la table des négociations et le texte prévoit de mobiliser jusqu'à 100 milliards de dollars par an d'aide aux pays en développement, les plus durement frappés par le réchauffement climatique. « à bout de souffle »Les chefs d'État et de gouvernement vont devoir s'expliquer devant leurs opinions sur les raisons de cet échec. L'ONU est déjà mis sur le banc des accusés. L'organisation chaotique de la conférence, le mode de fonctionnement de la mission climat, la volonté de faire participer tous les pays sont ainsi mis en cause. « Le processus est à bout de souffle », lance Nicolas Sarkozy. Et déjà quelques voix se font entendre pour appeler le G20 à prendre en main les négociations sur le climat, compte tenu de ses impacts économiques. En attendant, les politiques espèrent une relance des discussions à Bonn en juin prochain, lors d'une réunion intermédiaire avant le prochain sommet ? « le Cop 16 » ? de Mexico en novembre 2010. Pour l'heure, l'accord ne prévoit pourtant qu'un rendez-vous formel, celui de 2015, un an après le prochain rapport du Giec. En attendant, les prochaines négociations s'annoncent ardues. Selon la ministre danoise chargée de la conférence climat de l'ONU, Connie Hedegaard, « il sera difficile de réunir autant de dirigeants du monde à un nouveau sommet climat, appelant à fixer des objectifs contraignants ». D'ici là, la position des États-Unis pourrait être plus claire avec le vote de la loi Climat au Congrès et la Chine, soucieuse de son image sur la scène internationale, plus accommodante. La principale inconnue reste le degré de mobilisation des opinions publiques.

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