États-Unis et Chine ont imposé leur tempo

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Difficile d'évoquer des gagnants ou des perdants d'une négociation qui laissera, pour tout le monde, un goût d'inachevé. La responsabilité des États-Unis et de la Chine (et accessoirement de l'Inde) dans ce rendez-vous manqué est toutefois pointée du doigt. La secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno, a déploré « l'attitude totalement fermée de la Chine et de l'Inde » et la « difficulté des États-Unis à aller loin dans ses engagements ». Faute de leadership, c'est bien le couple États-Unis/Chine qui a imposé son tempo aux négociations, chacun poursuivant ses propres objectifs. Barack Obama est ainsi reparti de Copenhague avec ce qu'il voulait : un engagement de principe et pas de contrainte. Le président américain disposera ainsi de davantage de marge de man?uvre pour négocier avec le Sénat le projet de loi Climat, mais surtout sa réforme prioritaire, celle du système de la santé (lire page 6). En revanche, son image sera un peu plus écornée auprès de l'opinion internationale, le prix à payer, selon son administration, pour faire avancer la cause climatique aux États-Unis face à une opinion majoritairement sceptique. La Chine a également obtenu gain de cause, notamment sur le contrôle des émissions. La Chine, comme l'Inde ou les autres pays asiatiques, se refusent toujours à sacrifier leur croissance sur l'autel du climat. S'il devait y avoir finalement un grand perdant, ce serait sans nul doute l'ONU, jugée responsable de l'enlisement des négociations dans un grand « machin ». « Le processus de décision onusien est arrivé à ses limites », a déclaré Nicolas Sarkozy en mettant en cause le fonctionnement même de ces négociations sur le climat : « On ne vote pas, on décide par consensus, ce qui donne à n'importe quel pays un pouvoir démesuré. » Copenhague sonne également l'échec des ONG, fortement engagées depuis deux ans, et qui devront faire face au risque de démobilisation de l'opinion. Enfin, l'Europe a également échoué dans son ambition de prendre la tête d'une nouvelle diplomatie verte. E. B.

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