La multigestion à l'épreuve de la crise

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étudeLe concept de la multigestion est séduisant : proposer dans un seul fonds les meilleurs produits et gérants. Pourtant, ces produits ne caracolent pas en tête des classements en termes de performance. « C'est une vision simpliste de la multigestion, indique Raphaël Sobotka, CIO EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) chez HSBC Multimanagers. C'est oublier la désélection, le timing des décisions d'entrée et de sorties des gérants ainsi que la maîtrise de l'allocation d'actifs. »Une étude de l'Association française de la gestion financière (AFG), à laquelle ont participé 15 multigérants représentant 30 milliards d'euros d'encours, montre que sur dix ans « les performances moyennes de la multigestion nettes de frais sont généralement comparables, voire légèrement supérieures, à celles de la gestion directe », constate Stéphane Corsaletti, président du directoire de AAA (Asset Allocation Advisors). Les fonds de fonds ont l'avantage de présenter un risque inférieur et de mieux réagir en période de marchés baissiers ou de fortes turbulences que les fonds traditionnels. Ils jouent donc un rôle protecteur. En 2008, les fonds de fonds actions Europe affichaient une volatilité de 26,82 contre 31,39 pour la gestion directe. En revanche, ils performent moins bien en période de marchés haussiers, de volatilité faible et de tendances marquées comme en 2005 et 2006.RéférenceMais crise oblige, « nous avons établi un questionnaire de ?due diligence? sur les sociétés de gestion et les fonds analysés », annonce Eric Tasé-Bernard, directeur de la multigestion de Crédit Agricolegricole AM et président du groupe de travail sur la multigestion à l'AFG. Ce questionnaire, qui a vocation à faire référence pour la profession et sera diffusé sur le site de l'Afg, porte sur l'organisation de la société (gestion des risques, organisation du contrôle interne et de la conformité?) et les caractéristiques du fonds (dépositaire, structure de l'actif et du passif?). Il se veut qualitatif et complète l'approche quantitative mise à mal par la crise. Mais cela nécessite d'importants moyens techniques et humains que seul les acteurs de taille pourront engager. « Une concentration dans l'industrie est à prévoir », estime Raphaël Sobotka.De leur côté, « les multigérants ont aussi des devoirs », affirme Eric Tazé-Bernard. Ils doivent s'engager à plus de transparence en donnant aux gérants analysés et non retenus les raisons de leurs décisions, à respecter des règles de confidentialité sur les documents reçus et à prévenir les gérants de leurs mouvements de souscriptions-rachats afin de ne pas peser sur la performance du sous-jacent. Thierry Serrouy

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