La question de l'eau douce ne fait officiellement pas partie...

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La question de l'eau douce ne fait officiellement pas partie des négociations sur le climat. Un « oubli » que déplorent de nombreuses ONG tant il existe un lien direct entre climat et raréfaction de l'eau. Gérard Payen, conseiller pour l'eau du secrétaire général de l'ONU, en convient : « Le réchauffement climatique aura des conséquences sur la ressource elle-même mais aussi sur l'accès à l'eau potable ou sa pollution », sans parler de l'impact de la montée du niveau de la mer sur la salinisation des nappes phréatiques. Le sujet est pourtant d'autant plus crucial que la situation hydrique actuelle est catastrophique : 1 milliard d'humains n'ont pas accès à l'eau potable et 3 milliards à un assainissement de base. Sur la seule région méditerranéenne, 50 millions de personnes souffrent de pénurie d'eau. L'urbanisation galopante et la croissance démographique ne feront qu'accroître les problèmes. Au total, d'après les travaux du Giec, 60 % de la population mondiale risque de vivre dans des zones à forte pénurie d'eau d'ici à 2050. Et pour le géopoliticien Frédéric Lasserre, l'eau pourrait même devenir l'une des principales sources de conflit pendant ce siècle. Or, souligne Riccardo Petrella, président de l'Institut européen sur la politique de l'eau, « la question de l'énergie post-pétrole a vampirisé les négociations sur le changement climatique ». Les initiatives se sont néanmoins multipliées pour amener l'eau à la table des négociations climatiques. En mai dernier, à Nairobi, à l'initiative du Danemark, les ministres africains de l'Environnement ont ainsi rappelé que l'eau est le « premier vecteur par lequel le changement climatique sera ressenti » et souhaité que « l'eau soit une priorité dans les politiques d'adaptation ». En août, à Stockholm lors du Forum mondial de l'eau, les participants ont adopté une déclaration invitant la conférence de Copenhague à prendre la pleine mesure des enjeux de l'eau. Et, en marge des travaux préparatoires à Barcelone, un réseau mondial de politique publique s'est constitué pour tenter de sensibiliser les négociateurs et peser sur les textes. Le réseau s'est notamment focalisé sur le fonds d'adaptation destiné à aider les pays du Sud.Mais, globalement, il faut bien reconnaître que tous les appels ont été jusqu'ici peu entendus. Gérard Payen se veut cependant optimiste. Selon lui, l'eau a bien été évoquée dans les débats et, estime-t-il, « une fois que l'on se sera mis d'accord sur les mécanismes de réduction des émissions de CO2, on pourra s'attaquer sérieusement aux mesures d'adaptation et à leur financement ». Mutualisation des moyens, solutions les plus adaptées aux pays du Sud, ces sujets devraient donc être plus sérieusement abordés lors de la prochaine conférence climat à Mexico. Les solutions existent ? notamment beaucoup d'espoirs reposent sur les énergies renouvelables pour résoudre les problèmes de pompage de l'eau ?, mais elles sont le plus souvent onéreuses. D. P.L'eau douceD'ici à 2050, 60 % de la population mondiale vivra dans des zones à forte pénurie d'eau.Aujourd'hui, 1 milliard d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau potable et 3 milliards à un assainissement de base. Ci-dessus, le 6 mai, à Bolakpur, en Inde, les résidents se ravitaillent à une citerne mobile après une contamination du réseau d'eau potable qui a provoqué une intoxication collective et la mort de 5 personnes.

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