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Trois mois après l'échec de la fusion avec BAE, le PDG d'EADS Tom Enders poursuit sa réflexion stratégique

La Tribune

Publié le 21 janvier 2013 à 22:03 - Mis à jour le 21 janvier 2013 à 22:03

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Trois mois après l\'échec de la fusion entre EADS et BAE Systems, où en est le PDG du groupe européen, Tom Enders? S\'il ne s\'est pas trop livré dans l\'interview accordée à l\'hebdomadaire allemand, \"Spiegel\", publiée ce lundi, il s\'est montré en revanche clair et combattif. A la question du \"Spiegel\" pour savoir s\'il avait été contacté par des chasseurs de tête, il répond : \"Non, pourquoi devrais-je l\'avoir été ?\". Et de rappeler que pour l\'opération entre EADS et BAE Systems, \'il avait été \"conscient dès le début que nous prenions un risque considérable avec ce projet. Mais ça valait le coup. C\'est dommage qu\'il n\'ait pas été accepté. Il n\'y a aucun doute qu\'il aurait renforcé l\'industrie européenne\". Berlin s\'est opposé à cette fusion.Une erreur d\'appréciation sur BerlinA-t-il envisagé de tout laisser tomber ? Tom Enders a endossé \"la responsabilité de l\'échec\". Mais \"le conseil d\'administration, qui a soutenu le projet de fusion - m\'a demandé de continuer mon travail\". Pourquoi Berlin s\'est-il opposé au projet de fusion ? Pour Tom Enders, \"mon erreur principale a été de considérer que notre projet était industriellement et politiquement convaincant et qu\'il devrait être intéressant pour tout le monde (...). Toutefois, d\'autres considérations étaient simplement plus importantes pour Berlin. Celles-ci n\'ont jamais été discutés ouvertement avec nous, cependant\".Et il a rebondi sur le projet de réforme de la gouvernance. \"Cet échec a été immédiatement suivi par un défi intéressant, celui de permettre la sortie de nos actionnaires de longue date, Daimler et le Groupe Lagardère, grâce à une opération acceptable pour tout le monde, et de réformer notre gouvernance dans le même temps\". En décembre, contre toute attente, EADS a réussi à réduire l\'influence des Etats dans la gestion opérationnelle d\'EADS. \"Nous avons atteint un accord que nous n\'aurions pas considéré comme possible l\'été dernier\", s\'est réjoui Tom Enders dans le \"Spiegel\". \"Avec notre nouvelle gouvernance, les trois gouvernements auront seulement les droits d\'intervention très limités, comparables à la détention d\'une golden share. Ils s\'appliquent par exemple à la prévention d\'une prise de contrôle hostile\".A320 et A350, Berlin fait monter les enchèresInterrogé sur la crise entre la Chancelière et la direction d\'EADS, Tom Enders a estimé que \"les pots cassée vous amène la chance, comme nous disons ici en Allemagne !\" Et d\'insister que \"ironie de l\'histoire, sans la fusion, nous n\'aurions jamais réalisé la dissolution de notre pacte d\'actionnaire, l\'abolition des droits de veto et le retrait des gouvernements dans la gestion\". Il a néanmois fait état d\'une rencontre \"constructive\" avec la Chancelière Angela Merkel à l\'issue de l\'accord sur la réforme de la gouvernance d\'EADS.Sur la volonté de Berlin d\'obtenir un rôle majeur pour le successeur de l\'A320, Tom Enders a estimé que \"les décisions sur quand, où nous développerons et produirons cet appareil dans l\'avenir seront prises par Airbus selon des critères économiques, et non par des gouvernements\". Mais Hambourg sera le site du futur A320, a-t-il assuré : \"nous avons investi il y a des années pour que le site Hambourg soit progressivement étendu en vue de devenir le site central de la famille A320 et que tout l\'assemblage final de la nouvelle génération en Europe aurait lieu là. Rationnellement, nous ne pouvons pas promettre plus que cela aujourd\'hui\". Et de souligner que \"notre organisation est basée sur la coopération internationale et transversale. Imaginez si les quatre nations partenaires d\'Airbus posaient des demandes similaires. Cela saperait complètement la compétitivité d\'Airbus. Personne dans la direction d\'EADS ne pourrait l\'accepter. Et sur le refus de l\'Allemagne de débloquer une avance remboursable à Airbus pour l\'A350, Tom Enders s\'est dit \"détendu\", notant que c\'est \"comme cela que les politiques travaillent\". Et de rappeler que EADS n\'a pas besoin de cet argent, \"notre situation de trésorerie est plutôt confortable\". Pour lui, ce qui est le plus important c\'est de voir le soutien de Berlin au même titre que Paris et Londres. \"Ceci est observé de très près\" par ces gouvernements.Et après ?Après l\'échec de la fusion avec BAE, Tom Enders a estimé que \"EADS est sur la bonne voie, en termes de chiffre d\'affaires nous faisons des progrès significatifs. Nous avons une croissance à deux chiffres chez Airbus et Eurocopter. Astrium, notre division spatiale, est bien placée et Cassidian, notre division de défense, devrait continuer à réaliser la marge bénéficiaire la plus haute de toutes nos divisions dans les années futures\". Et après ? \"Notre débat stratégique va probablement continuer jusqu\'au milieu de l\'année, nous ne voulons pas nous précipiter. Ce qui est déjà clair, nous souhaitons accroître notre rentabilité au cours des prochaines années\".  Car les \"investisseurs attendent des retours plus importants. Nous leur fournirons\".Que faire de Cassidian, la filiale défense d\'EADS, alors que  \"les dépenses pour le secteur de la défense par des gouvernements en Allemagne et en Europe, mais aussi aux Etats-Unis, seront au meilleur des cas stables au cours des prochaines années\". Pour Tom Enders, \"tout le monde devra donc s\'adapter. Nous supprimons actuellement 850 emplois chez Cassidian. Bien sûr, la question doit aussi être posée sur le long terme, nous devrions nous concentrer plus fortement sur nos activités commerciales avec l\'avion et les hélicoptères\". Chez EADS, on précise qu\'il n\'est pas question de céder Cassidian mais la réflexion porte sur sa structure et son périmètre.

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