L'Arabie Saoudite, le domino vulnérable

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L'arrivée, dimanche, du plus haut gradé américain à Riyad était, certes, prévue de longue date. Mais vu la vitesse de propagation des mouvements de révoltes dans les pays du Moyen Orient et du Golfe, cette visite de l'Amiral Mike Mullen en Arabie Saoudite a pris une tournure beaucoup plus stratégique pour les deux pays. Car après la chute des régimes en Tunisie et en Égypte, et au moment où plus rien ne semble pouvoir arrêter la vague de contestation, le royaume saoudien, premier exportateur de pétrole mondial, se trouve à son tour sous pression. Non seulement les dirigeants des deux pays voisins, le royaume de Bahreïn et le Yémen, doivent faire face des mouvements de protestations sans précédent, mais les 27 millions de Saoudiens se trouvent, eux, sans monarque depuis presque 3 mois. Âgé de 87 ans, le roi Abdallah, a en effet quitté le pays en novembre pour se faire opérer aux États-Unis et se repose depuis quelques semaines en convalescence au Maroc. Lorsqu'il rentrera à Riyad mercredi, comme il l'a annoncé, il risque de trouver un paysage géopolitique régional entièrement bouleversé avec le départ de son allié, le président égyptien Hosni Moubarak, et la fragilisation du Royaume du Bahreïn.La menace chiiteInquiet par l'ampleur des manifestations à Manama, le ministre saoudien de l'Intérieur, le prince Nayef Ben Abdel Aziz, a assuré au roi de Bahreïn que Riyad soutenait Manama « contre tout ce qui nuit à la sécurité, la stabilité et l'unité nationale » de Bahreïn. Il s'agit aussi, pour l'Arabie saoudite sunnite, de soutenir le petit royaume pétrolier gouverné par une minorité sunnite, et menacé par des protestataires chiites. Si le facteur religieux accentue la montée des troubles, il n'a toutefois « pas été le principal déterminant des événements en Égypte, à Bahreïn ou dans les autres pays » a estimé lundi l'amiral Mike Mullen. Ces troubles sont « dans l'ensemble dus à des problèmes internes et non à quelque chose de fomenté par une puissance extérieure », a-t-il ajouté à l'issue d'une matinée d'entretiens avec de hauts responsables saoudiens. Des propos que ne devraient guère goûter les dirigeants de Riyad, qui avaient déjà dénoncé, lors des manifestations du Caire, « les ingérences de certains pays dans les affaires intérieures de l'Égypte », en visant directement les États-Unis. C'est d'ailleurs en Arabie Saoudite que le président tunisien déchu Ben Ali a trouvé refuge. Face à la rapide montée des périls extérieurs, la dynastie saoudienne est d'autant plus fragilisée qu'elle risque de devoir faire face à une série de successions, le prince hériter, Sultan étant âgé de 85 ans et le prince Nayef de 77 ans.Éric Chol

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