Crédit « conso » et microcrédit au menu des députés cette semaine

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Touchée par la crise, la France découvre les vertus du microcrédit. Le 25 janvier, les banques faisaient part de leur initiative en faveur du microcrédit personnel accompagné. D'ici au mois de juin, elles devraient être en mesure de proposer des microcrédits pour financer des projets d'accès ou de maintien à l'emploi, les emprunteurs bénéficiant alors d'un accompagnement social pendant la durée de l'opération.Cette semaine, les députés auront eux aussi l'occasion de se pencher sur le sujet. La ministre de l'économie, Christine Lagarde, a en effet souhaité intégrer deux des quatre mesures destinées à favoriser le développement du microcrédit en France au projet de loi sur la réforme du crédit à la consommation qui sera débattu à l'Assemblée nationale ce mercredi. Il s'agit d'abord de faciliter le financement des associations de microcrédit, en mettant fin à une aberration. à l'heure actuelle, les particuliers ne peuvent pas prêter d'argent aux associations type Adie (l'Association pour le droit à l'initiative économique, qui accompagne les créateurs d'entreprise n'ayant pas accès au crédit bancaire, comme les demandeurs d'emploi et les allocataires du RSA) via les plates-formes internet consacrées au microcrédit. Ils ont le droit d'accorder des « prêts solidaires » pour financer des projets d'aide au développement dans les pays du Sud, mais pas pour des bénéficiaires français (lire entretien ci-contre).débats passionnésLes mesures annoncées le 14 mars par la ministre de l'économie, à l'occasion de la publication du rapport de l'inspection générale des finances sur le microcrédit, prévoient donc d'autoriser les particuliers qui le souhaitent à financer l'activité des associations de microcrédit, notamment via des plates-formes Internet. Elle introduiront également une obligation d'information annuelle et publique sur l'activité des banques en matière de microcrédit. Déjà votée par le Sénat et débattue en commission à l'Assemblée nationale, la « loi Lagarde » sur le crédit à la consommation a donné lieu à des débats passionnés. Elle obligera les professionnels du secteur (établissements spécialisés, grande distribution), et en particulier les spécialistes du crédit renouvelable (également appelé « revolving »), à changer radicalement leur modèle. Les associations de consommateurs, quant à elles, auraient souhaité que le texte aille plus loin, en imposant par exemple une complète dissociation entre les cartes de fidélité et les cartes de crédit. Certaines souhaitaient même interdire purement et simplement le principe du crédit revolving. Une fois votée par l'Assemblée nationale, le texte devrait être appliqué dans les plus brefs délais. « Les décrets d'application sont déjà prêts », avait assuré Christine Lagarde fin février. n

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