Croissance : le climat international s'améliore, mais la France reste en stagnation

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Les indicateurs avancés le montrent, le climat conjoncturel s\'améliore, si l\'on adopte un point de vue international. Mais la France n\'en profitera guère au cours du premier semestre 2013, avec une stagnation prévue du PIB au premier trimestre, et à peine mieux sur les trois mois suivants (+0,1%), selon l\'Insee, qui publie ce jour une note de conjoncture. Les experts ne se prononcent pas sur la suite de l\'année.« Au premier trimestre 2013, tant les enquêtes de conjoncture, qui indiquent une amélioration quasi générale du climat des affaires, que les premières données d\'activité disponibles, laissent attendre un rebond marqué dans les économies avancées » écrit l\'Insee. Le PIB de l\'ensemble des pays industriels progresserait ainsi de 0,4%.La France à l\'écart de la reprise... comme la moyenne de la zone euroMais l\'économie française resterait à l\'écart de ce rebond. Pour être juste, c\'est toute la zone euro, considérée globalement, qui serait encore engluée dans la stagnation, avec des chiffres équivalents à la France, selon l\'Insee. L\'économie française serait donc la moyenne de la zone monétaire à laquelle elle appartient, mais cette moyenne cache de fortes disparités : la croissance allemande redémarre (+0,5% pour le PIB au premier trimestre), dopée par les exportations vers le monde entier hors zone euro, tandis que l\'Espagne et l\'Italie resteraient en récession au premier semestre 2013, avec des baisses du PIB de 0,3% par trimestre.Du coup, s\'agissant des effets d\'entraînement du commerce extérieur, qu\'on attend positifs, la France « resterait pénalisée par la faiblesse persistante de la demande intérieure dans la zone euro, malgré le dynamisme de l\'activité en Allemagne » estiment les conjoncturistes de l\'Insee. « Le redressement des exportations françaises resterait donc modéré, et ce d\'autant plus que l\'euro s\'est globalement apprécié depuis mi-2012 ».Investissement en baisseQuant à la demande intérieure, elle serait encore « atone », en France, pour reprendre l\'expression des conjoncturistes. L\'investissement ? Dans le bâtiment, il a commencé à reculer au quatrième trimestre 2012. Et cela devrait continuer, « compte tenu de la forte baisse du nombre des mises en chantier en 2012 » selon l\'Insee.. De même, « le repli marqué au second semestre 2012 de l\'investissement des entreprises en biens manufacturés devrait perdurer début 2013 ».Consommation stable, si l\'épargne baisseQuant à la consommation, l\'Insee fait l\'hypothèse qu\'elle resterait stable (0,0 % au premier trimestre, puis +0,1 % au deuxième). Dans un contexte de nouvelle baisse du pouvoir d\'achat (mesuré par unité de consommation), certes moins forte que fin 2012 (-0,2% au premier semestre 2013, contre -0,5% au second semestre 2012), cette résistance de la consommation serait liée à une baisse du taux d\'épargne. Il était de 16,4% mi 2012, il ne serait plus que de 16% au premier trimestre 2013, puis 15,8% au deuxième. L\'Insee explique cette prévision par le fait que « les hausses d\'impôts affecteraient en partie des revenus en général épargnés ». Autrement dit, ce serait l\'épargne qui paierait les impôts supplémentaires, et la consommation ne serait donc pas affectée.Mais, admettent les conjoncturistes, « ce facteur de soutien à la demande pourrait faire défaut, notamment si les incertitudes sur les perspectives de revenu à moyen terme, particulièrement fortes du fait de la crise, incitaient les ménages à maintenir leur effort d\'épargne.Une hausse du PIB nécessaire au second semestreSi le PIB continue de stagner au second semestre, il baissera de 0,1% sur l\'ensemble de l\'année (par rapport à la moyenne de 2012), calcule l\'Insee. Pour qu\'une croissance soit enregistrée en 2013, il faudrait donc une véritable amélioration de l\'activité au cours de la seconde partie de l\'année... C\'est ce sur quoi table l\'OCDE, et bien sûr le gouvernement, qui rendra publique prochainement sa nouvelle prévision de croissance pour 2013 et 2014. Une prévision qui sous tendra la nouvelle trajectoire de baisse du déficit public. D\'autant plus difficile à tenir que la croissance de la France s\'annonce faible, voire très faible au cours des prochaines années.

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