Les eurosceptiques britanniques sèment la panique chez les conservateurs

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Jusqu’où iront les eurosceptiques britanniques ? Après leur raz-de-marée aux élections locales du 2 mai où le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) de Nigel Farage avait obtenu jusqu’à un quart des voix dans certaines régions, un sondage de l’institut Survation révèle que ce parti talonnerait, en cas d’élections générales, les conservateurs avec 22 % des voix contre 24 % au parti du premier ministre David Cameron. Alors que les Tories perdent 5 points depuis le dernier sondage du 1er mai, l’UKIP progresse de 6 points. Le Labour glanerait 35 % des voix, les libéraux-démocrates, actuellement partenaires de coalition des conservateurs, 11 %.Panique chez les conservateursCe nouveau sondage ne manquera pas de renforcer la panique qui, depuis le début du mois, semble s’être emparée du parti conservateur. Désormais, il n’est pas impensable que le parti de Nigel Farage dépasse les Tories, ce qui, dans le système électoral britannique, signifierait que l’UKIP serait en mesure de prendre plusieurs sièges aux Tories. Certes, il faut prendre ces enquêtes avec précaution, les élections de 2015 sont encore lointaines et beaucoup d’observateurs politiques soulignent qu’au moment du vote pour les Communes, les électeurs conservateurs pourraient finalement décider de voter comme à l’accoutumée pour les Tories, malgré leur envie de soutenir l’UKIP. Il n’empêche. Ce sondage va rajouter à la tension au sein de la coalition gouvernementale et ne manquera pas de durcir à nouveau la position européenne de Londres.Une alliance UKIP-Tories ?Déjà, au sein du parti conservateur, certains comme la députée Nadine Dorries, réputée certes très à droite, ont invité les Tories à s’allier avec l’UKIP lors des élections de 2015 afin de barrer la route au retour au pouvoir des travaillistes. Pour le moment, David Cameron ne veut pas en entendre parler, il préfère espérer jouer sur une reprise de l’économie et sur sa politique ferme de « résistance » à l’Union européenne. Mais le parti de Nigel Farage a déjà réussi à imposer ses thèmes au cœur du débat public britannique et devrait réaliser un score important lors des élections européennes de 2014 où les électeurs anglais se sentent d’ordinaire moins liés par leurs allégeances traditionnelles. Mais si, à cette occasion, l’UKIP dépasse les Tories, le premier ministre sera en position difficile.Une chance pour l’indépendance écossaise ?D’autant que les nationalistes écossais pourrait utiliser désormais, avant le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse prévu en septembre 2014, l’argument de l’UKIP pour prôner la division avec une Angleterre eurosceptique. Dans The Observer du 12 mai, un observateur de la éditorialiste écossais estimait que le parti nationaliste écossais, le SNP, devrait promouvoir une politique d’immigration moins stricte que celle du Royaume-Uni pour promouvoir l’indépendance. « Epargnez-nous l’union avec l’Angleterre de l’UKIP. » Le jeu politique britannique est de plus en plus trouble, désormais. 

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