Thierry Dusautoir : « Cette finale de rugby m'a réveillé la nuit. »

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STRONG>Vous êtes triple champion de France mais jamais champion d'Europe. Ce trophée, vous y pensez tout le temps ?Je peux dire que oui. J'y pense en me rasant le matin. Une nuit, ça m'a déjà réveillé. J'ai perdu deux finales contre le Munster à Cardiff. Une fois avec Biarritz, une fois avec le Stade toulousain. J'aime bien ce genre de clins d'oeil. Je joue la finale d'une compétition que je n'ai jamais gagnée contre mon ancien club. Biarritz mérite sa place en finale après son parcours. Le meilleur gagnera.Quel sera votre état d'esprit au moment d'entrer sur le terrain ?Mon humeur sera celle d'un joueur déterminé à gagner la Coupe d'Europe. A ce niveau-là, il faut avoir de l'appétit. Pour les critiques, ça semble évident qu'on soit là. Si on n'y avait pas été, on aurait été critiqué. Mais ça a été très difficile. On n'a pas fait une très bonne saison l'an passé et aujourd'hui on est en finale de Coupe d'Europe. Il faut aller au bout, chercher la gagne.Vous semblez introverti alors que, sur le terrain, vous avez l'image opposée. Il y a un Docteur Thierry et un Mister Dusautoir ?Comme tout le monde, j'ai plusieurs facettes. Le sport me permet d'exprimer une facette plus agressive. L'agressivité que je lâche dans le sport, je ne l'ai pas dans la vie courante. Il faudra faire attention quand j'arrêterai (rires). J'ai cette rage en moi. Elle sort sur le terrain et dans les vestiaires. Je ne me force pas. Je me suis forcé au début à exprimer ce que je pensais.Êtes-vous gêné par votre rôle de capitaine ?Capitaine sur le terrain, ça me plaît énormément. Je sens que j'ai la confiance de l'équipe et c'est très important. Etre un capitaine fantoche, ça m'aurait vite lassé. Si c'est pour faire plaisir à l'entraîneur, ça ne m'intéresse pas trop. Est-ce que le XV de France est sur la bonne voie après son Grand Chelem dans le Tournoi des VI Nations ?C'est une meilleure voie qu'elle ne l'était il y a un an. L'équipe de France progresse. On engrange les victoires et la confiance. Avant, je disais qu'il ne fallait pas nous enterrer. Là, je dis qu'on n'est pas encore champion du monde. Il y a encore du travail car il y a eu une prise de conscience du staff et des joueurs concrétisée par une victoire éclatante au Tournoi. On a un statut qui va évoluer. On doit confirmer. Le test en Afrique du Sud contre les Springboks le 12 juin sera sanglant. Ils nous attendent forcément. On leur a mis une raclée ici. L'effet de surprise est passé. Il faut assumer notre statut et on est capable de le faire.Vous pensez à la Coupe du monde ?J'y pense un petit peu, mais c'est vraiment lointain. C'est un objectif, mais je suis conscient que la route est vraiment longue et courte à la fois. Il peut se passer plein de choses en 18 mois. La Coupe du monde c'est unique. C'est "LE" trophée. Jouer la Coupe du monde, ça s'apprécie. Quand tu as l'opportunité de la gagner, il faut sauter dessus. Mais pour la remporter, il y a beaucoup de marches à gravir et les prendre sereinement.

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