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Japon : fort de sa victoire électorale, le faucon Shinzo Abe va pouvoir montrer son vrai visage

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Publié le 21 juillet 2013 à 21:03 - Mis à jour le 21 juillet 2013 à 21:03

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C\'est un faucon que les Japonais ont conforté ce dimanche à la tête de leur pays à l\'occasion des élections sénatoriales. Fort de la victoire du Parti libéral démocrate (PLD) qu\'il préside, allié au Nouveau Komeito (centre), qui lui permet d\'obtenir la majorité absolue à la chambre haute avec au total un minimum de 130 sièges, soit 8 sièges de plus que la majorité absolue, le Premier ministre Shinzo Abe se retrouve libéré du risque électoral pour trois ans. Il aura pleine latitude pour aller au bout de ses idées, dont on a eu un aperçu au cours des premiers mois de son mandat entamé en décembre.Pour rappel, le virulent Premier ministre conservateur avait fait une arrivée fracassante à la tête du pays en décembre dernier avec ses Abenomics, un programme de relance massif à base de dépense publique colossale mais aussi en mettant à genoux la banque centrale de son pays (BoJ) en nommant à sa tête un fidèle chargé de mettre fin à 15 ans de déflation via une politique monétaire ultra accommodante inédite au Japon. Son slogan, \"Japan is back\", devrait désormais prendre tout son sens, au risque d\'en effrayer certains.Après la relance, les Japonais vont subir des réformes douloureusesSur le plan économique, Shinzo Abe n\'a pour l\'heure mis en place que la partie la plus populaire de son programme, à savoir la relance. Il n\'a de cesse, par ailleurs, de clamer que la reprise entraperçue ces derniers mois en est le fruit alors que les économistes sont plus prudents à ce sujet. Elle a au moins eu le mérite d\'alimenter un excédent courant qui ne fait que se réduire depuis plusieurs années grâce au retour sur les investissements réalisés à l\'étranger. En revanche, s\'agissant des exportations et de la demande intérieure, qu\'il compte relancer, les effets se font encore attendre.Mais il ne compte pas s\'arrêter là. Car la troisième flèche de son programme de croissance, dont une version édulcorée avait été présentée au mois de juin, contient des réformes impopulaires qu\'il s\'est bien gardé d\'évoquer à voix haute en cette période préélectorale. En premier lieu, Shinzo Abe devrait notamment casser un droit du travail jugé trop protecteur par les entrepreneurs du pays pour plus de flexibilité.Un changement complet de paradigme qui risque d\'être douloureux pour les Japonais pour qui le lien à l\'entreprise relève presque du sacré. L\'homme au programme dit des \"Trois flèches\" ambitionne par ailleurs de libéraliser des pans entiers d\'une économie jugée impénétrable par les investisseurs étrangers qu\'il cherche coûte que coûte à attirer en terre nippone. Problème, l\'abaissement des barrières qui protégeaient jusque là les entrepreneurs du pays risquent de ne pas être à leur goût.Malgré les craintes des Japonais, le nucléaire redémarrera tôt ou tardAutre sujet qui risque de coûter en popularité à Shinzo Abe : la stratégie en matière d\'énergie. Clairement pro-nucléaire, il avait reporté la remise en route des 48 réacteurs encore à l\'arrêt, sur les 50 que compte le pays, depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011. Il faut dire que malgré son impopularité, cette remise en route est vitale pour l\'économie de l\'archipel. Malgré ce qu\'en dit l\'épouse même du Premier ministre, qui s\'était publiquement opposée à son mari sur le sujet.Car pour faire face à des besoins en énergie qui n\'ont pas changé, les électriciens du pays ont du redémarrer les centrales au fuel, au gaz et au charbon. Des énergies fossiles qu\'ils sont obligés d\'importer, renchérissant une facture énergétique devenue telle que le Japon, habitué aux excédents commerciaux depuis des décennies se retrouve depuis deux ans en déficit commercial chronique. Ce qui n\'est pas sans danger pour les finances publiques du pays.En effet, l\'immense dette japonaise  (250% du PIB), un record mondial, est financée par des investisseurs japonais grâce aux excédents courants nourris traditionnellement par les exportations. Or, le retournement de la balance commerciale ces deux dernières années est venu accélérer un mouvement de fonte de l\'excédent courant déjà régulier depuis quelques années. En fait, pour l\'heure, l\'excédent courant ne résiste que grâce à l\'afflux de liquidités en provenance de la BoJ sur les marchés qui ont permis aux investisseurs japonais de réaliser des plus values importantes à l\'étranger, amplifiées par la baisse continue du yen par rapport au dollar et à l\'euro. Mais l\'addition risque d\'être fort salée le jour où le Japon ne sera plus épargnant net.La volonté d\'influence en Asie du Sud-est risque de réveiller les instincts belliqueux de Shinzo AbeConscient que sa politique de baisse du yen pour favoriser les exportations a des limites, Shinzo Abe a une autre flèche à son arc, qu\'il pointe vers les pays d\'Asie du Sud-est. En très forte croissance, la région compte des opportunités d\'investissements pour les entreprises japonaises fort utiles pour nourrir tant que faire ce peut l\'excédent courant du pays. Le problème, c\'est que Tokyo n\'est pas seule à convoiter ce gisement de croissance. Pékin et Washington sont aussi sur les rangs.Or, en tensions constantes avec la Chine, le Japon est doté d\'une constitution pacifique qui lui avait été imposée par les Etats-Unis en 1947 en échange d\'une tutelle militaire. Constitution pacifique sur laquelle Shinzo Abe, il ne s\'en cache pas, aimerait pouvoir revenir. Son but étant de gagner en autonomie pour mieux faire valoir ses intérêts dans la région. Car de ce point de vue là, Washington n\'est plus d\'une grande aide pour Tokyo.De fait, c\'est désormais la Chine qui finance la dette publique américaine avec son excédent courant réalisé grâce aux exportations. Et les exportations japonaises vers son allié militaire et commercial ne cessent de s\'affaiblir. Les Etats-Unis, commercialement liés à la Chine depuis Nixon, ont donc tout intérêt à ménager leurs rapports avec la deuxième économie mondiale tant que celle ci ne menace pas leurs propres intérêts.Cette volonté de peser dans la région, et les tensions historiques avec le voisin chinois, matérialisées par les conflits territoriaux en mer de Chine, devraient révéler la part la plus agressive du chef du gouvernement japonais. Voire un caractère ouvertement belliqueux. Connu pour son nationalisme, c\'est le visage d\'un guerrier, au sens économique et militaire, que Shinzo Abe devrait montrer au monde maintenant qu\'il a été conforté à la tête du pays pour les trois prochaines années.LIRE AUSSI Faut-il craindre une explosion de la dette japonaise?LIRE AUSSI Le Japon prépare une révolution culturelle de son modèle économique

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