Boeing 787 Dreamliner : sept mois de galère

Depuis janvier 2013, Boeing accumule les déboires avec son nouveau 787 Dreamliner. Au point que le directeur commercial d\'Airbus,John Leahy, a jugé ce vendredi que l\'appareil n\'était pas encore \"fiable\". Entre surchauffe des batteries et incendies de nombreuses avarries techniques se sont succédées. Retour sur sept mois de scoumoune pour le constructeur américain.   Janvier : premiers incidents, le Dreamliner est cloué au solUne enquête est lancée dés le 11 janvier en raison de précédents incidents. Mais dans la nuit du 15 au 16 janvier, un Boeing 787 de la compagnie All Nippon Airways (ANA) atterrit en urgence suite à la détection de fumée à bord. La surchauffe des batteries semble être à l\'origine de l\'incendie. C\'est le septième accident en dix jours, dont déjà un accident dû à la batterie le 7 janvier à Boston. Tokyo estime que l\'accident aurait pu tourner au drame. ANA et Japan Airlines, ainsi que les compagnies américaines, clouent les Boeing 787 au sol jusqu\'à nouvel ordre. Seul le pays où est construit l\'avion peut décider de l\'immobiliser partout dans le monde.  C\'est ce que font alors les Etats-Unis.  Avril : feu vert pour la reprise des vols commerciauxFin avril, l\'Administration de l\'aviation civile américaine donne le feu vert pour le retour des 787 dans les airs. Les ingénieurs de Boeing ont revu la conception de la batterie avec leurs sous-traitants et des vols d\'essai ont été concluants. Désormais, un blindage entoure la batterie, afin d\'empêcher les surchauffes ou les courts-circuits. Les vols commerciaux ont repris fin avril avec Ethiopian Airlines et lundi 20 mai, le Dreamliner a redécollé aux Etats-Unis.  Juin : nouveaux incidents un jour après la reprise des vols au JaponLes incidents réapparaissent dès le début du mois de juin. Dimanche 2 juin, Japan Airlines détecte un problème de pression d\'air dans le compartiment de la batterie d\'un 787 et renonce à faire voler le Dreamliner. Cette nouvelle avarie survient un jour seulement après retour en vol des 787 des compagnies japonaises. D\'autres annulations de vols suivent au cours du mois de juin.  Juillet : un Dreamliner prend feuLe 12 juillet, un incendie se déclare dans un 787 appartenant à Ethiopian Airlines garé à Heathrow, le plus grand aéroport de Londres. Le même jour, une avarie technique oblige un autre Dreamliner, en direction de la Floride, à rebrousser chemin et à atterrir à Manchester.Dans la nuit de jeudi à ce vendredi 19 juillet, un 787 en route pour le Japon doit faire demi-tour et retourne à Boston par mesure de sécurité. Japan Airlines évoque des « raisons de maintenance de l\'appareil » et il semblerait qu\'un message ait été diffusé concernant une pompe à carburant. Les autorités insistent sur le fait que l\'avion a fait demi-tour par mesure de précaution... L\'enquête est toujours en coursAprès tous ces incidents, l\'enquête sur les Dreamliners s\'intensifie. Ce sont d\'abord les batteries en lithium-ion de l\'avion qui ont été remises en question. Aujourd\'hui l\'Air Accidents Investigation Branch (AAIB) estime que les balises d\'urgence installées à bord des Boeing 787 pourraient être à l\'origine d\'une partie des incidents. Les 68 Dreamliners en service dans le monde n\'auraient alors qu\'à désactiver ces balises, selon le bureau d\'enquête. De quoi leur permettre de voler sans encombre durant 90 jours selon la réglementation en vigueur aux États-Unis par exemple ou pour un nombre de vols limités en Europe, selon le bureau d\'enquête. Mais pas plus.Par comparaison, l\'A380 avait lui aussi rencontré des difficultés, mais jamais au point d\'être cloué au sol.

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