Comment les sociétés exposées aux variations du dollar ripostent
La Tribune
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Les soubresauts du dollar pourraient bien finir par donner des haut-le-c?ur à certaines entreprises européennes. Malgré son rebond d'hier, la devise américaine accuse une chute de près de 15 % face à l'euro sur les cinq derniers mois. Une baisse qui intervient au plus mauvais moment pour les sociétés européennes exposées aux fluctuations du billet vert, nombre d'experts s'interrogeant encore sur le calendrier de la sortie de crise et tablant sur une reprise très molle de l'économie mondiale. Le repli du dollar pourrait donc affecter des chiffres d'affaires déjà mis à mal par la faiblesse de la demande finale.En effet, le recul du dollar, s'il devait s'accélérer, représenterait une menace pour la compétitivité des grands exportateurs européens, comme l'industrie lourde, le luxe et, surtout, les technologies de l'information. Cette industrie est la plus susceptible de pâtir d'une poursuite de la baisse du dollar, près des deux tiers de son activité étant réalisés hors d'Europe, aux États-Unis ou dans des pays dont les monnaies sont corrélées à la devise américaine. Les laboratoires pharmaceutiques européens ne sont pas en reste, qui tirent en moyenne 49 % de leurs revenus de l'étranger, du fait de leur forte implantation aux États-Unis.Mais l'impact du dollar sur les comptes des groupes européens doit être relativisé. Car une grande partie d'entre eux produisent aux États-Unis, si bien que leurs coûts aussi sont libellés en dollars. C'est le cas du fabricant de matériaux de construction Lafarge ou bien encore du groupe de restauration collective Sodexo. Enfin, dans le secteur des technologies de l'information, la plupart des composants entrant dans les produits sont achetés en dollars. Ces couvertures naturelles évitent ainsi le fameux effet de ciseau si spécifique de l'aéronautique, une industrie où les ventes s'effectuent dans la devise américaine, mais où les coûts sont essentiellement libellés en euros. onéreuses ventes à termeLouis Gallois, président du groupe d'aéronautique EADS, rappelle régulièrement qu'un repli de 10 centimes du dollar face à l'euro coûte 1 milliard d'euros par an à sa filiale Airbus. L'industrie des semi-conducteurs constitue également un archétype des « valeurs dollars » non seulement exposées à la baisse de leur chiffre d'affaires, mais aussi au renchérissement de leurs coûts. À défaut de disposer d'une couverture naturelle contre les fluctuations du billet vert, les sociétés peuvent se couvrir via des ventes à terme. Mais celles-ci excèdent rarement dix-huit mois et s'avèrent onéreuses. Outre ce type de couverture, un groupe comme LVMH bénéficie d'une arme supplémentaire : la hausse de ses prix de vente, pour contrebalancer la baisse de valeur liée au reflux du dollar. Une telle stratégie n'est pas à la portée de tous : numéro un mondial du luxe, LVMH dispose, lui, d'un « pricing power » indiscutable.Mais, pour l'heure, la situation est loin d'être catastrophique. À condition que la baisse de la devise américaine ne devienne pas brutale, 1 euro à 1,60 dollar ? contre une parité actuelle de 1 euro pour 1,4648 dollar ? resterait gérable, selon la banque UniCredit.
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