"Accepter des fraudeurs fiscaux n'est pas un modèle d'affaires qui a de l'avenir"

Traquer les fraudeurs fiscaux et les éliminer de sa clientèle. Voilà le nouveau plan d’action que s’est fixé le président du conseil d’administration de Crédit Suisse, Urs Rohner. Dans une interview au journal suisse-allemand Tages Anzeiger, il déclare ainsi \"qu’accepter des fraudeurs fiscaux ne peut pas être un modèle d’affaires qui a de l’avenir\", en réponse à une question sur le traité fiscal conclu entre la Suisse et l’Allemagne.Celui-ci prévoit de sanctionner davantage les fonds non déclarés, placés en Suisse par les contribuables allemands, en les fiscalisant à hauteur de 21% à 41%.Pour les clients qui résistent et qui décideront de ne pas déclarer ces fonds, Urs Rohner est catégorique : \"soyons clairs, nous ne ferons pas d’affaires avec ceux qui pratiquent la fraude. Ensuite, [si le client ne réagit pas à la demande de la banque], nous en tirerons les conséquences adéquates\". Des citoyens allemands ont même recours à l’utilisation de données volées pour échapper au fisc de leur pays et se réfugier derrière le secret bancaire suisse. La banque d’affaires Julius Baer en a récemment fait l’expérience. Le traité doit être ratifié vendredi devant la Chambre haute du parlement allemand, mais devrait a priori être refusé par les élus qui l’estiment encore trop accommodant avec les fraudeurs. Des coupes \"conséquentes\" dans les effectifsIl donne également quelques indications sur l’ampleur des restructurations à venir au sein de son groupe. Concernant les suppressions d’emploi, sans donner de chiffres précis, il estime néanmoins que le secteur bancaire suisse devra subir des coupes \"conséquentes\" dans les trois ans à venir. Une lettre a néanmoins été envoyée au personnel au début du mois, annonçant la suppression de 300 postes. Sachant que Crédit Suisse emploie environ 20 000 personnes dans le pays.La banque est engagée dans un vaste programme de réduction de coûts, à hauteur de 4 milliards de francs d’ici 2015. Urs Rohner précise par ailleurs que la banque a réduit son bilan d’environ 30% et qu’elle le diminuera d’encore 15%, pour passer en dessous de la barre des 900 milliards de francs suisses. Concernant la banque d’investissement, après avoir réduit ses risques de 100 milliards de francs, Crédit Suisse prévoit de nouveau une coupe de 20 milliards.  

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