L'Opep laisse le pétrole de marbre

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matières premières« La réunion de l'Opep devrait avoir autant de sens que celle de Copenhague », observait hier avec flegme Olivier Jakob, chez Petromatrix. Et de fait, le marché du pétrole ne se soucie guère des pays de l'Opep qui se réunissent aujourd'hui à Luanda, la capitale de l'Angola. Il faut dire que l'organisation n'a pas l'intention de modifier son niveau de production. « Il n'y aura pas de changement des quotas », a assuré Abdullah al-Badri, secrétaire général du cartel. La seule source d'inquiétude des producteurs de pétrole concerne le niveau élevé des stocks. Le marché de l'or noir s'apprête à attaquer une nouvelle décennie avec le plus haut niveau de stocks jamais observé depuis dix ans. Les réserves de l'OCDE restent à des sommets, alors que la consommation de brut n'a pas récupéré ses niveaux de 2008, loin s'en faut.« Nous devons travailler à ramener les stocks à des niveaux plus raisonnables », a ajouté Abdullah al-Badri hier. Une remarque qui revient à inciter, de nouveau, les membres du cartel à mieux respecter les quotas qui leur sont imposés. La hausse des cours du pétrole a incité certains passagers clandestins de l'Opep à doper leur niveau de production ces derniers temps, notamment l'Angola, qui assure la présidence tournante de l'organisation : par rapport au mois de mars, l'Opep commercialise 800.000 barils de plus par jour, alors que le niveau des quotas n'a pas bougé d'un iota. consommation en baisseOr selon le CGES, les fondamentaux du marché se sont affaiblis au mois de décembre. La consommation des pays de l'OCDE continue de reculer, si bien que les stocks de produits distillés, comme le fioul, s'accumulent notamment sur les mers. Pas moins de 100 millions de barils de produits dérivés du pétrole seraient stockés sur les mers actuellement, et quasiment autant de brut.Car si la consommation d'essence reste relativement stable, celle de produits distillés ne semble pas vouloir redémarrer si l'on en croit les données du CGES. Et la perspective d'un hiver chaud, qui semble aujourd'hui la plus probable aux États-Unis ainsi qu'en Europe, devrait continuer à modérer l'appétit pour ces produits.Cet aspect fondamental pourrait finir par rattraper les cours du pétrole qui caracolent à des niveaux peu rationnels par rapport à l'anémie de la demande. À plus de 73 dollars hier, le cours du WTI reflète surtout les tensions géopolitiques en Irak et au Nigeria. Aline Robert

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