La Chine, le vampire du Milieu

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La Chine donne le vertige à l'ensemble du monde, et commence à faire peur. Cette semaine, une étude annonçait qu'elle allait conquérir la place du Japon, au deuxième rang de l'économie mondiale, dès cette année. La prochaine marche, la plus haute du podium, devrait être atteinte en 2020, lorsque l'empire du Milieu dépassera les États-Unis. Il y a seulement sept ans, les experts ne voyaient pas l'événement intervenir avant 2040... Mais la Chine a brutalisé les prévisions. Et ce n'est pas fini. La croissance du dernier trimestre de 2009 dépasse 10 % en rythme annuel, sous l'effet d'une relance faramineuse. Au point que le pays semble maintenant redouter la surchauffe et l'inflation, voire une bulle immobilière.Chaque mois, chaque semaine même, le leadership du « vampire du Milieu » s'impose dans de nouveaux domaines, de la production de voiture à la capitalisation des banques, en passant par l'ail ou l'acier (voir notre abécédaire dans l'article associé). On y verra là une revanche de l'histoire. Après tout, jusqu'au XIXe siècle, l'empire du Milieu était une grande puissance, mais repliée sur elle-même, figée dans une éternité grâce à l'administration impériale de la « bureaucratie céleste », avant de connaître l'humiliation de la colonisation. Et si Mao Zedong reste populaire dans la mémoire collective, il le doit d'abord pour avoir réussi à reconstituer l'unité du pays (ou presque) et à imposer l'égalité à un peuple qui durant des siècles confucéens était organisé en une stricte hiérarchie. La couleur du chatMais la dynamique chinoise a ses revers. Parmi ces problèmes, il y a sur le plan économique la maîtrise d'un développement dont le moteur risque toujours de s'emballer. Il y a aussi les laissés pour compte de l'embellie, avec officiellement plus de 40 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Ce sont surtout les ruraux qui sont touchés, traduisant le déséquilibre croissant du développement entre provinces cotières et intérieures. Pékin en est conscient, investissant d'ailleurs dans les infrastructures de transport pour désenclaver de vastes zones. Enfin, il reste la liberté politique. Le Parti communiste chinois est détenteur de tous les pouvoirs, et il imprime à l'ensemble des structures institutionnelles politiques et sociales du pays sa marque. Deng Xiaoping, le dignitaire qui impulsa le développement économique, aimait à dire que peut importe la couleur du chat pourvu qu'il attrape la souris. À l'avenir, il se pourrait bien que sous la pression d'une classe moyenne croissante aspirant à davantage de libertés, et pas seulement à la jouissance de biens matériels, la couleur du chat doive changer.

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