Présidence de la Cour des comptes  : Sarkozy choisira Cambon lui semble

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« S'il le voulait, Nicolas Sarkozy pourrait nommer à la tête de la Cour des comptes la première personne croisée dans la rue. » Cette boutade, entendue dans les couloirs de la vénérable institution de la rue Cambon, suffit à résumer la totale liberté dont dispose le chef de l'État pour choisir le successeur de Philippe Séguin, comme premier président de la Cour. Personnalité politique ou magistrat, homme ou femme, de gauche ou de droite? toutes les combinaisons sont possibles, mais le droit à l'erreur n'est pas permis pour le président de la République, puisque celui ou celle qui sera chosi(e) sera inamovible jusqu'à l'âge de 68 ans, voire 69 ans s'il (ou elle) a élevé au moins trois enfants. Pendant l'intérim exercé actuellement par Alain Pichon, doyen des présidents de chambre, les rumeurs vont bon train alors même que dans l'entourage de Nicolas Sarkozy on indique que cette nomination n'interviendra pas avant la mi-février.Il y a d'abord ceux qui disent non...... Qu'on leur ait ou non proposé le poste. C'est le cas d'Alain Juppé, à qui Nicolas Sarkozy aurait fait une offre. L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac a refusé pour ne pas renoncer à son mandat de maire de Bordeaux. A gauche, François Hollande dont le nom a circulé brièvement dans la presse, a décliné sèchement: «Je suis dans la vie politique. La première présidence de la Cour des Comptes n'est pas dans la vie politique». Et d'ajouter «je ne suis plus dans les petits rôles ou dans les personnages secondaires» rêvant son avenir plutôt du côté du faubourg Saint-Honoré. Quant à Michel Charasse, sénateur socialiste, interrogé par La Tribune, il a éclaté de rire devant cette éventualité jugeant par ailleurs que son âge (69 ans en juillet prochain) le disqualifie pour cette fonction. Son nom est en revanche souvent évoqué pour le Conseil constitutionnel. Ceux qui ne diraient pas non...... Parmi lesquels on peut citer les deux pères fondateurs de la réforme budgétaire de 2001 (Lolf). Alain Lambert et Didier Migaud ont d'ailleurs, avec cette loi organique, participé à conférer à la Cour des comptes de nouvelles attributions en matière de finances publiques et de certification des comptes de l'État. L'ex-ministre du Budget, l'UMP Alain Lambert, pour qui des supporteurs ont même créé un groupe sur Facebook, s'est toujours refusé à commenter officiellement cette hypothèse, tout en dressant un portrait du candidat idéal qui? lui ressemble ! II faut, a-t-il dit au « Figaro », « une personne incontestable dans le domaine des finances publiques, qui a été au gouvernement et au Parlement et qui puisse faire preuve d'une certaine indépendance d'esprit. » Du côté de Didier Migaud, ses proches font savoir que le président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée « ne considère pas que premier président de la Cour des comptes soit un poste secondaire ». À la Cour, Didier Migaud poursuivrait une action de contrôle de la politique menée par Nicolas Sarkozy. L'entourage du député de l'Isère estime qu'en aucun cas une telle nomination ne ferait de Didier Migaud un nouvel exemple de débauchage, le premier président de la Cour des comptes ne participant justement pas à la politique du gouvernement. En clair, il irait bien si on le lui propose.Et enfin, les outsidersDeux noms se détachent au sein de ces magistrats pas très connus du grand public. D'une part, Claire Bazy-Malaurie, 60 ans. Camarade de promotion à l'ENA de François Hollande et de Dominique de Villepin, celle qui fut également médiatrice dans le conflit des enseignants chercheurs a été la première femme nommée présidente de chambre. S'il la choisissait pour succéder à Philippe Séguin, Nicolas Sarkozy pourrait se targuer d'être le premier à nommer une femme aux commandes de la plus haute juridiction financière du pays. Mais, en la nommant, le chef de l'Etat se lierait les mains pour huit ans. Ce qui ne serait pas le cas s'il choisissait un autre magistrat dont le nom est désormais avancé, à savoir Jean-François Bénard, procureur général près la Cour des comptes. Âgé de 66 ans, ancien directeur de Réseau Ferré de France et de la SNCF, passé à plusieurs reprises par Bercy, il incarne à merveille le candidat de transition que l'on pourrait remplacer en 2012 à la faveur d'un nouveau paysage politique. Et puis, faisant figre d'outsiders, sont parfois cités les noms d'Alain Lamassoure et François d'Aubert, tous deux anciens titulaires du portefeuille du Budget et issus du corps des magistrats de la Cour des comptes.

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