A Tokyo, les scandales s'accumulent dans le parti au pouvoir

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L'étau se resserre autour d'Ichiro Ozawa. Le numéro deux de la majorité au pouvoir au Japon, considéré comme le leader réel du pays, sera entendu dans quelques jours par le procureur de Tokyo dans une affaire de pots-de-vin immobilier qui a déjà fait « tomber » ses plus proches collaborateurs. Ce scandale en suit un autre il y a quelques semaines, qui touchait cette fois directement le Premier ministre, Yukio Hatoyama, coupable d'avoir omis de s'acquitter de taxes sur des donations déguisées provenant de sa richissime mère. Ces affaires fragilisent le gouvernement, première équipe issue de l'alternance de l'après-guerre, après seulement trois mois d'existence et à cinq mois d'élections sénatoriales qui devaient consolider sa prise de pouvoir. Mais les scandales sont si inhérents à la politique japonaise qu'ils ont lassé les lecteurs de la presse.Ne pas bousculer l'ordre établi Ces derniers, indifférents, reprochent plutôt au Premier ministre sa nonchalance que sa légèreté, et à Ichiro Ozawa sa brutalité. Surtout, les affaires proviennent une fois encore du bureau du procureur de Tokyo, institution judiciaire toute-puissante qui prend pour tête de Turc tout « nouvel entrant » dans le paysage politique et économique japonais. « Il était évident que les principales figures du nouveau gouvernement allaient être attaquées pour la simple raison qu'elles sont nouvelles et qu'elles bousculent l'ordre établi. Au Japon, un procureur est un haut fonctionnaire n'ayant de comptes à rendre à personne et qui veut, de façon réellement sincère et désintéressée, préserver le statu quo », explique Karel Van Wolferen, un des meilleurs spécialistes de la politique et de l'économie japonaise. De fait, le procureur a bien attendu l'arrivée au pouvoir du PDJ pour l'inquiéter. Ichiro Ozawa, tout en reconnaissant à demi-mots les faits, qualifie ces accusations d'abusives et promet de se maintenir au pouvoir.

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