L'Australie ne fait plus école en Inde

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Le torchon brûle entre l'Inde et l'Australie, depuis l'assassinat, tout début janvier, d'un jeune ressortissant indien à Melbourne. Nitin Garg, 21 ans, avait été poignardé dans la nuit alors qu'il se rendait à son travail. Résident permanent en Australie depuis plusieurs années, il venait de terminer ses études dans la capitale du Victoria. « Un crime haineux », selon le ministre indien des Affaires étrangères, Somanahalli Mallaiah Krishna, qui « pourrait avoir de sérieuses conséquences sur les relations bilatérales des deux pays ». Loin de se calmer, la colère des autorités indiennes a redoublé ce vendredi avec l'annonce de nouvelles agressions commises ces derniers jours en Australie. Deux indiens ont en effet été victimes d'attaques jeudi et vendredi dans la région de Brisbane : réagissant à ces derniers incidents, les autorités indiennes ont réclamé à l'Australie de prendre des mesures. Une demande que Melbourne ne peut ignorer, vu l'importance des relations entre les deux pays. L'Inde est ainsi le huitième partenaire économique de l'Australie, avec des échanges en hausse qui ont dépassé les 15 milliards d'euros l'an passé. Une manne de 10 milliards d'eurosCe n'est d'ailleurs pas la première fois que l'Inde se permet de sermonner l'Australie sur la sécurité de ses ressortissants aux antipodes. En juin dernier, une série d'agressions envers des étudiants indiens de Melbourne avait déjà provoqué la fureur de New Delhi, qui avait alors fermement demandé à Canberra « de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter de telles violences ».Agacée par le manque de réaction australien sur la question, l'Inde a décidé cette fois de passer à l'action, et son ministère des Affaires étrangères a classé la ville de Melbourne sur la liste rouge des destinations dangereuses. Une publicité dont se serait bien passé l'Australie, dont les universités ont accueilli près de 100.000 étudiants indiens en 2009. « Nous avons déjà enregistré une baisse de 20 % des dossiers d'inscription au lendemain des attaques de juin dernier », s'inquiète le doyen de la Monash University de Melbourne, où l'avertissement indien est pris très au sérieux. L'enjeu est en effet de taille pour les universités australiennes et pour le pays. Avec plus de 50 % d'étudiants étrangers sur les campus, le marché de l'éducation supérieur injecte chaque année près de 10 milliards d'euros dans l'économie australienne et pèse lourd dans la balance commerciale, juste derrière les exportations de charbon et de minerai de fer.

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