Les grands patrons doivent soigner leur « e-réputation »
La Tribune
La Tribune
Aucun des patrons du CAC 40 ne tient un blog personnel, ils sont deux (5 %) à avoir un profil Facebook, 7 % un compte Twitter et 16 % à être sur le réseau professionnel américain LinkedIn (0 % sur le réseau français Viadeo). Et seulement la moitié d'entre eux ont une page biographique sur le site de son entreprise. Telles sont les conclusions d'une étude conduite par l'agence Hopscotch pour la mise au point d'un baromètre sur l'e-réputation des dirigeants du CAC 40.L'absence de biographie est assez représentative d'une communication mal maîtrisée. Ainsi, l'étude conduite par Hopscotch montre qu'une vingtaine de dirigeants ne songent même pas à se présenter sur le site Web de leur entreprise. Et quand ils le font, la photo semble être préférée au texte. En revanche, trente-six d'entre eux ont une fiche sur l'encyclopédie sur Internet Wikipédia, alimentée par les internautes. Quatre sont absents : Carlo Bozotti (STMicroelectronics), Philippe Crouzet (Vallourec), Thierry Pilenko (Technip) et Chris Viehbacher (Sanofi-Aventis).Hopscotch a travaillé avec des « référenceurs », ces experts de l'Internet qui recommandent l'emploi de mots-clés pour que les sites Web soient bien placés dans les pages de résultat des moteurs de recherche. Le baromètre a été construit à partir de cinq critères : solidité de la réputation, maîtrise de cette réputation sur Internet, qualité des contenus (positif, neutre, négatif), indice d'intérêt et indice de visibilité (combien de liens sur Google).Indexation de googleLa maîtrise des messages adressés vers l'extérieur s'affaiblit à mesure que les frontières de l'entreprise sont devenues plus diffuses. Externalisation, recours à des consultants qui travaillent aussi pour d'autres organisations : « L'entreprise est devenue poreuse par rapport à son environnement, note Jérôme Lascombe d'Hopscotch. La réputation des personnes qui la dirigent devient de plus en plus dépendante des conversations que les parties prenantes, clients, employés et fournisseurs, peuvent échanger à leur propos. »Et comme Google indexe en temps réel, c'est-à-dire ce qui est posté sur Twitter et Facebook, la volatilité de la réputation des dirigeants risque d'augmenter. Lorsque la moitié des employés d'une entreprise ont un blog ou sont membres d'un réseau social, ce qui se dit à l'intérieur se retrouve vite à l'extérieur.« La réputation des patrons n'est pas corrélée avec l'actualité récente des entreprises, note Jérôme Lascombe. Ainsi, Jean-Luc Dehaene de Dexia maîtrise sa réputation alors que le flux d'informations sur son entreprise n'a pas été très positif. » Cependant, la carrière de Jean-Luc Dehaene est riche (sénateur, ministre, député) et les points positifs remontent. La palme de la maîtrise revient à Arnaud Lagardèrerave;re à qui il ne manque qu'un blog personnel. Pascal Boulard
La Tribune