Berlin isolé dans son refus d'aider Athènes
La Tribune
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Signes de nervosité, les déclarations se sont multipliées lundi sur l'opportunité ou non d'une aide financière à la Grèce avant le Conseil européen de jeudi et vendredi. La chancelière allemande, Angela Merkel, maintient son refus d'aider la République hellénique, considérant qu'Athènes pourra toujours se tourner vers le Fonds monétaire international (FMI), si besoin. Outre-Rhin, 61 % des Allemands sont opposés à cette aide selon un sondage publié dans le « Financial Times », et 40 % (contre 30 %) jugent que leur pays serait mieux hors de la zone euro. Face à Berlin, une majorité d'acteurs défendent l'option contraire. Miguel Angel Moratinos, ministre des Affaires extérieures de l'Espagne, qui préside l'UE, et José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, ont plaidé pour l'adoption au Conseil d'un mécanisme de soutien à Athènes, à utiliser en cas de besoin. Il consisterait en prêts bilatéraux coordonnés des pays de la zone, pour 22 milliards d'euros, avec en complément une contribution du FMI. Cette option est soutenue par Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. Plus solennel, Jean-Claude Trichet a, devant le Parlement européen, rappelé que les États étaient entrés dans la zone « pour partager un destin commun ». Sur les marchés obligataires, lundi, les investisseurs ont délaissé les titres d'État grecs au profit des Bunds allemands. Le rendement des obligations allemandes à 10 ans baissait de 4 points de base, à 3,07 %, tandis que celui des obligations helléniques rebondissait de 12 points, à 6,46 %, soit un écart de 339 points. Sur le marché des CDS, le contrat assurant contre le risque de défaut de la Grèce remontait de 24 points de base, à 354 points, au plus haut depuis le 26 février. R Ju. et J. B.
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