Obama, les mains libres

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Pour ceux qui s'étonneraient des résistances extraordinaires qu'a rencontrées Barack Obama, il est utile de rappeler un ordre de grandeur : les dépenses de santé représentent 16,5 % du produit intérieur brut américain soit, grosso modo, l'économie française tout entière. Si tous les groupes sociaux, toutes les sensibilités politiques, tous les lobbies se sont jetés dans la mêlée avec une énergie farouche, c'est parce que l'enjeu était énorme. Barack Obama sort de cette lutte tel le jeune Alexandre ayant dompté Bucéphale (le cheval avait peur de son ombre et le futur empereur le plaça face au soleil pour s'en rendre maître). Mais il y a un mois, tout le monde voyait en lui un loser incapable de faire passer une simple réforme. La vérité est entre les deux. Obama jouait gros : la réforme de la santé touche au pouvoir d'achat, à la fiscalité, à l'organisation de la médecine, à l'industrie pharmaceutique, aux assurances, aux hôpitaux, aux avantages acquis, excusez du peu. Pourtant, le président américain a failli échouer : sans Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, le pari était perdu. C'est elle qui a su faire avaler aux représentants l'idée de voter le texte déjà adopté par le Sénat et non leur propre version, court-circuitant ainsi la minorité de blocage républicaine à la Chambre haute. Mission quasi impossible tant les élus démocrates étaient tétanisés par l'approche des élections de mi-mandat. Selon le « New York Times », il restait la semaine dernière 68 députés à convaincre et quand Nancy Pelosi a reçu la liste, elle a dit : « Je m'occupe des 68 ». Votée dimanche, la loi pourrait être promulguée dès ce mardi. Obama a sauvé sa présidence, il a désormais les mains libres. sgherardi@latribune.frSophie Gherard

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