Nicolas Sarkozy orchestre le troisième tour

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Nicolas Sarkozy voulait aller vite pour répondre à la sanction du second tour des élections régionales avec un remaniement « a minima » et la réaffirmation du cap des réformes. Mais, comme à chaque fois qu'une majorité tangue après une lourde défaite électorale, la machine s'est un peu grippée. Le réaménagement de l'équipe Fillon, annoncé en milieu de journée, a finalement été dévoilé lundi soir.Nicolas Sarkozy et François Fillon ont décidé d'ouvrir le gouvernement à ceux qui à droite n'ont pas ménagé leurs critiques à l'encontre de la politique menée depuis 2007. À commencer par les chiraquiens et les villepinistes. Fidèle entre les fidèles de Jacques Chirac, le député-maire UMP de Troyes, François Baroin, est nommé ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'État. Proche de Dominique de Villepin, Georges Tron, est nommé secrétaire d'État auprès du ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique. Le but politique de l'opération est bien évidemment de priver d'oxygène l'ancien Premier ministre, qui s'apprête à lancer son propre mouvement jeudi prochain à Paris. Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture et ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, avait déjà constitué une « prise de guerre » pour Nicolas Sarkozy en entrant au gouvernement en avril 2008.La victime expiatoire de la débâcle des régionales est Xavier Darcos, titulaire du très stratégique portefeuille du Travail. Sous l'autorité réaffirmée de François Fillon, ce ministère va gérer le chantier des retraites, une des réformes les plus délicates de la seconde moitié du quinquennat. Lourdement défait en Aquitaine, Xavier Darcos « sera prochainement appelé à d'autres responsabilités », a indiqué l'Élysée dans son communiqué.Martin Hirsch a été entendu. Il quitte ses fonctions de haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et de haut-commissaire à la Jeunesse. Il sera nommé président de l'agence qui sera lancée en mai pour mettre en place le « service civique ». Le centriste Marc-Philippe Daubresse le remplace avec le titre de ministre.Le remaniement a pris du retard car Nicolas Sarkozy et François Fillon n'étaient pas d'accord sur son ampleur. Le Premier ministre plaidait pour une large refonte de son équipe, de façon à adresser un « message clair » à l'électorat de droite, qui s'est, semble-t-il, fortement abstenu aux régionales. Mais Nicolas Sarkozy souhaite conserver l'atout maître d'un grand remaniement pour l'après-réforme des retraites, à l'automne 2010.Nicolas Sarkozy, resté silencieux depuis dimanche, fera une déclaration mercredi à l'issue du Conseil des ministres. Ce mardi, François Fillon doit assister à la réunion « défouloir » des députés UMP autour de Jean-François Copé à l'Assemblée nationale. L'occasion pour le Premier ministre de réaffirmer que le cap des réformes sera tenu.

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