La refonte de l'assurance-maladie, une révolution américaine

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« Ce soir nous avons répondu à l'appel de l'Histoire comme tant d'Américains l'ont fait avant nous». Barack Obama a salué sur un ton très solennel le vote de sa réforme de la santé par les représentants. L'événement est incontestablement historique. Depuis 1945 où Harry Truman a proposé, sans succès, l'avènement d'un système d'assurance santé obligatoire, les tentatives pour instaurer une couverture universelle ont échoué. La création en 1965 des programmes de santé Medicaid et Medicare, respectivement destinés aux plus démunis et aux personnes âgées, constituait la dernière grande réforme sociale du pays. Ayant vocation à apporter une couverture maladie à 95% des Américains de moins de 65 ans alors que 46,3 millions en sont dépourvus, la réforme d'Obama n'a pas tout à fait achevé son parcours d'obstacle. Les sénateurs se pencheront cette semaine sur des amendements demandés par la Chambre. S'ils n'apportent aucun changement, Obama pourra promulguer sa loi. Celle-ci prévoit une refonte progressive du système jusqu'en 2018. Mais dès cette année, les Américains pourront en ressentir les effets. Une fois la loi promulguée, les assureurs santé ne pourront plus exclure des clients lorsqu'ils tombent malades ni refuser de couvrir des enfants. Les jeunes adultes resteront couverts, s'ils le souhaitent, par l'assurance de leurs parents jusqu'à l'âge de 26 ans alors que nombre d'assureurs les excluent à partir de 19 ans. Les adultes malades et dépourvus d'assurance seront couverts par un programme fédéral qui disparaîtra lorsque des Bourses aux primes d'assurance seront créées en 2014. Les personnes âgées bénéficiant du programme Medicare recevront une aide financière afin que soit comblé le «trou du doughnut»: jusqu'ici, le remboursement de leurs achats de médicaments étaient limités à 2.700 dollars et ne reprenait qu'à partir de 6.154 dollars.Plus de soins préventifsEn 2014, la plupart des Américains devront être assurés ou s'acquitter d'une pénalité. La même année, les Bourses aux primes aideront les PME à cofinancer la couverture de leurs employées. Les entreprises de plus de 50 employés devront leur proposer une couverture ou payer une amende. Le gouvernement incitera médecins et hôpitaux à développer les soins préventifs, ce qui, avec les 409,2 milliards d'impôts supplémentaires que paieront les ménages aisés d'ici à 2019, contribuera à financer la réforme. Les organisations patronales protestent contre la loi et Caterpillar s'est plaint du fait que la réforme lui coûtera 100 millions de dollars dès 2010. Dans les Etats fédérés, qui auront notamment la charge des Bourses aux primes d'assurance, la guerre est déclarée. Dix États ont annoncé leur intention d'intenter une action en justice pour contester la réforme car ils jugent que le Congrès n'a pas l'autorité pour contraindre les Américains à s'assurer. E.C., à New York.

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