L'EPR, quand même...

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La nouvelle mérite de s'y arrêter. Quatre mois après son cinglant échec à Abu Dhabi, la filière nucléaire française connaît une soudaine embellie. L'avenir de l'EPR, le réacteur de nouvelle génération d'Areva, s'éclaircit. Deux signaux positifs : le premier, attendu, est venu de Grande-Bretagne, où EDF a enclenché, jeudi, la construction de quatre EPR, en signant un contrat de onze ans avec la société d'ingénierie britannique Amec. Le second, a priori plus déroutant, est arrivé de Finlande, où le gouvernement s'est prononcé en faveur de la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires. La décision, si le Parlement d'Helsinki l'entérine, est une très bonne nouvelle pour Areva. Enlisé dans la construction d'un premier EPR dans ce pays, à Olkiluoto (trois ans de retard, 2,3 milliards d'euros de surcoût...), le groupe dirigé par Anne Lauvergeon peut espérer sortir par le haut de ses déboires. Derrière le différend qui les oppose (qui doit payer les dérapages ?), Areva et l'électricien finlandais TVO ont un intérêt bien compris à retravailler ensemble. Le premier peut espérer éponger une partie de ses pertes en dupliquant son premier chantier ; le second, qui a officiellement rouvert le choix de ses fournisseurs, sait qu'en prendre un autre, l'obligerait à tout redémarrer à zéro en matière de sûreté. Avec le risque, non négligeable, de se heurter aux mêmes difficultés. C'est si vrai que l'on dit les deux parties prêtes à suspendre la procédure d'arbitrage de leur contentieux, si la perspective de retravailler ensemble se concrétisait. Ce revirement, ajouté au renforcement début avril des liens franco-italiens dans le développement de l'EPR et à la relance mi-février du nucléaire américain annoncée par Barack Obama, a de quoi conforter la filière française en général, et Areva en particulier. Même divisés, même en guerre ouverte, ses acteurs privilégient depuis toujours l'Europe et les États-Unis (ainsi que la Chine) pour penser leur avenir. Et si les Émirats n'étaient bientôt plus qu'un mauvais souvenir ?  pagay@latribune.frpar PIerre-angel gay

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