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Les maux du foot tricolore

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Publié le 22 juin 2010 à 21:21 - Mis à jour le 22 juin 2010 à 21:21

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STRONG>La difficile réforme des instances dirigeantesLa larme à l'oeil, le sanglot dans la voix, la ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot, a notamment appelé lundi soir depuis l'Afrique du Sud à la « rénovation de la gouvernance » de la Fédération française de football (FFF). Un « audit externe » sera mené sur les événements et un groupe de travail, auquel participera le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), qui tient à préserver « l'autonomie du mouvement sportif », selon son président Denis Masseglia, va être créé.De fait, la gouvernance du sport ne correspond pas aux enjeux actuels. « Le président de la Fédération est élu par les ligues, les clubs et les districts, et pas du tout par le monde professionnel », indique l'ancien ministre des Sports, Jean-François Lamour. Le président s'entoure d'un conseil fédéral composé de 21 membres également élus, et tous rendent des comptes à une assemblée générale composée de délégués de clubs locaux. Au final, pour parvenir au sommet de la FFF, le président arrive à un âge avancé après avoir gravi tous les échelons du monde associatif.Pour beaucoup, l'élection du président n'est qu'apparente, ressemblant à une forme de clientélisme. À 75 ans, Jean-Pierre Escalettes, ancien professeur d'anglais, a été élu une première fois à la tête de la Fédération en 2005 avec plus de 90 % des voix. Celui qui a porté le maillot du « Bordeaux Étudiants Club » en 1952 a été président de district en 1972, président de ligue régionale en 1984, avant d'entrer au conseil fédéral en 1985, et prend la tête du football amateur en 2000. Comme les membres du conseil fédéral, il ne reçoit pas de rémunération. Et malgré une délégation de service public, la FFF, qui reçoit de l'État une infime part de ses quelque 200 millions d'euros de budget, rend peu de comptes au gouvernement. « Du coup, soit c'est l'immobilisme qui prévaut comme aujourd'hui, soit le relais est pris par les permanents, aboutissant à un manque de transparence, et au pire par les partenaires privés, comme c'était le cas à l'époque de Jean-Claude Darmon [fondateur de Sportfive] », indique un ancien membre du ministère des Sports.En réalité, le politique a déjà prouvé par le passé qu'il pouvait avoir prise sur le problème. En 2003, Jean-François Lamour a fait voter la possibilité pour une fédération d'adopter des statuts différents, en se dotant d'un conseil de surveillance d'élus bénévoles, et d'un directoire composé de mandataires sociaux rémunérés, qui auraient des compétences de managers. Mais les fédérations ne se sont pas saisies de cette disposition législative, démontrant ainsi leurs incapacités à se réformer elles-mêmes. Quoi qu'il arrive, le mouvement sportif, qui revendique son autonomie, ne voudra pas s'en laisser compter. « Il ne faut pas limiter les travaux à la simple gouvernance. Il s'agit surtout de remettre les valeurs du sport au centre des préoccupations », confirme Denis Masseglia. Sandrine CassiniEn marge de la déconfiture des Bleus, la rémunération des joueurs de football est revenue au centre de la polémique. Au point d'obliger Jean-Pierre Escalettes d'affirmer en début de journée mardi « qu'aucune prime ne serait versée aux joueurs en cas d'élimination au premier tour ». Précision inutile en réalité, puisque de toute façon, les primes de Coupe du monde n'étaient prévues qu'à partir de l'accès aux 8es de finale, et allaient de 40.000 à 300.000 euros en cas de victoire. Autre annonce du président destinée à déminer le terrain?: le surplus des dotations octroyées par la Fifa sera reversé « au football amateur et la ligue de football professionnel ».De fait, la Fédération internationale du football verse à chaque joueur et par jour 1.300 euros afin d'assurer leur séjour sur place. Une somme que les équipes utilisent à leur guise, et qui a par exemple permis à l'équipe de France de loger dans de somptueux hôtels. Reste qu'Escalettes a quand même laissé entendre que les joueurs encaisseraient leur part des recettes de sponsoring de la Fédération qui atteignaient jusque-là 15 millions d'euros par saison. Elles ne sont pas « calculées au titre de la Coupe du monde ». Selon l'équipe, chaque joueur des Bleus touche environ 150.000 euros par saison, et 300.000 euros en année de Coupe du monde. Des montants élevés au regard des contre-performances depuis 2008, mais qui restent pour les plus gros cadres de l'équipe ridicules en comparaison de leurs rémunérations en clubs. Ainsi, Franck Ribéry émarge à 8 millions d'euros net au sein du Bayern de Munich. Yoann Gourcuff touche environ 5 millions d'euros par an à Bordeaux, selon « Le Figaro », et Nicolas Anelka autant à Chelsea. Ce qui fait dire à Denis Masseglia, président du CNOSF, que, dans les travaux entrepris, « il faut réfléchir à une régulation financière ». Reste que cette dernière ne pourrait être décidée qu'au niveau européen, et qu'elle pourrait être difficile à justifier au regard des résultats des clubs. En terminant en finale de la Ligue des champions, le Bayern de Munich a rempli son contrat d'objectifs. S. C.Des salaires élevés pour des performances médiocresL'action brouillonne du monde politiqueCes derniers jours, la ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot, a largement mouillé le maillot, prolongeant son séjour en Afrique du Sud, multipliant les points presse et les annonces. Elle n'a pas hésité à jouer les commentatrices sportives sur le plateau de TF1 tout de suite après la dernière défaite des Bleus. « Ce match, c'est vraiment une catastrophe. On est très déçus, je rentre vraiment attristée, le coeur gros », s'est lamentée la ministre. Cet interventionnisme politique tranche avec un habituel absentéisme d'une ministre déjà très préoccupée par son plus gros portefeuille, celui de la Santé.Roselyne Bachelot, à laquelle les professionnels reprochent « de ne rien connaître au sport et de ne pas s'y intéresser », a pourtant marqué leur esprit. C'est elle qui a largement contribué, contre sa secrétaire d'État Rama Yade, à la suppression deux ans avant l'heure du droit à l'image collective, un dispositif d'allégement des charges sociales des joueurs professionnels. Pour autant, les professionnels ne défendent pas non plus Rama Yade, dont la nomination au Sport par Nicolas Sarkozy sonnait comme une sanction politique, plutôt que comme une promotion. « On en est à regretter Laporte », rigole un cadre du privé.Ce désengagement du politique dans le sport a largement contribué aux problèmes actuels. Bernard Laporte n'a pas été soutenu par sa ministre de tutelle au moment où il désirait limiter à deux le nombre de mandats de président de fédération. Pourtant, la France a quand même réussi à obtenir l'organisation de l'Euro 2016, signe que le sport l'intéresse encore. S. C.

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