Un ex-Lu prend la tête de Kraft Foods France

Ça y est, c'est officiel ! Les entités françaises de Kraft et de Lu ne font plus qu'une depuis le 14 juin. Avec trois milliards d'euros de chiffre d'affaires, 16 usines et 3.800 salariés, la France est le deuxième marché de Kraft après l'Amérique du Nord. Et c'est Jean-Philippe Paré, ex-directeur général de Lu France, qui a été désigné par la PDG du groupe, Irene Rosenfeld, pour présider la nouvelle entité. Le choix est symbolique. Il prouve l'engagement de l'entreprise en faveur des biscuits, même si le nouvel ensemble s'appellera Kraft Foods France. D'ailleurs, le patron de 52 ans, qui a effectué toute sa carrière chez Danone, semblait serein mardi matin, quelques minutes avant d'affronter son premier comité d'entreprise commun aux deux unités. « Ils seront plus de 50, mais j'ai des gardes du corps », plaisante-t-il. Pas de souci à se faire. La réunion des deux sièges s'est plutôt bien passée depuis décembre 2007. Un gel des embauches a permis de supprimer discrètement une centaine de postes (sur les 1.300 des sièges) sans aucun départ contraint. Désormais, les fonctions support siégeront dans les anciens locaux de Lu à Rungis, tandis que le marketing et les ventes seront regroupés dans ceux de Kraft à Vélizy. Promotion multicatégorieLa réorganisation future des neuf usines Lu pourrait se révéler plus difficile à gérer. À moins que Kraft, comme Danone en son temps, choisisse d'acheter la paix sociale. « Vous verrez qu'il ne se passera rien le 2 décembre (date de fin de la promesse faite par Irene Rosenfeld de ne pas toucher aux usines, Ndlr) », affirme Jean-Philippe Paré. Selon lui, la fragilité apparente de certains sites comme celui de Granville serait due aux promotions des distributeurs, qui entraînent des écarts de production de 30 % à 40 % d'un mois sur l'autre. Même s'il n'exclut pas toute fermeture, afin de « toujours rester compétitif », ce spécialiste de la chaîne logistique met plutôt en avant ses 30 millions d'euros d'investissement en 2010 sur les différents sites. Surtout, il préfère parler développement. « Avec 8 kilos de biscuits consommés par habitant et par an, contre 12 chez les Anglais ou les Italiens, la France a encore un potentiel », analyse-t-il. Outre les produits communs aux deux entreprises, comme les biscuits Côte d'Or, lancés en avril, le président mise sur les opérations promotionnelles multicatégories. Les bo-bo de Monoprix auront ainsi droit à un stand commun entre le café Carte Noire, le chocolat Côte d'Or et les biscuits Granola. Chez Leclerc, ce sera plutôt Grand-Mère, Milka et Prince. L'objectif étant de faciliter les achats d'impulsion. « Nous allons multiplier ce type de promo », continue-t-il. Enfin, Kraft teste actuellement en France ses best-sellers internationaux comme le fromage à tartiner Philadelphia ou les biscuits apéritif Triscuit. « Tous les produits cohérents avec notre portefeuille seront les bienvenus », déclare le dirigeant, qui confie aussi discuter pour créer des passerelles avec le confiseur, Cadbury, dernière emplette de Kraft.

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