Les départements de gauche à l'offensive

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La photo sera belle. Ce mercredi, les 58 patrons des départements de gauche se retrouvent dans l'hémicycle du conseil général de Seine-Saint-Denis. En choisissant Bobigny pour leur réunion de groupe, les présidents ont choisi d'apporter symboliquement un soutien fort à Claude Bartolone et à son « budget de révolte ». Mais la rencontre sera surtout l'occasion d'organiser l'offensive des élus locaux face à l'Etat : alors que les départements sont confrontés à une crise financière sans précédent, les élus appellent à une redéfinition du financement des trois allocations universelles de solidarité qui grèvent leurs budgets : l'APA (allocation personnalisée d'autonomie), la PCH (prestation de compensation du handicap) et le RSA (revenu de solidarité active). Les propositions de François Fillon, le 15 juin, les ont laissé très largement insatisfaits. La Seine-Saint-Denis a pris une longueur d'avance dans cette offensive contre l'Etat. Le 8 avril dernier, le patron socialiste du « 93 » a fait voter un budget 2010 en déséquilibre de 75 millions d'euros. Une première. Transmis à la Chambre régionale des comptes, ce budget a été d'autorité « rééquilibr頻. Il sera de nouveau soumis au vote du Conseil général de Seine-Saint-Denis vendredi. A priori, l'assemblée devrait refuser de l'avaliser. « Les élus vont laisser le soin au préfet d'exécuter ce budget, afin que l'Etat assume lui-même la responsabilité de sa politique », explique une proche de Claude Bartolone. des actions spectaculairesD'autres départements devraient à leur tour décider des actions spectaculaires. Ainsi le président PS de l'Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton, fera voter, lundi prochain, une décision modificative insincère à son budget primitif 2010. « Je vais inscrire en recettes ce que l'Etat me doit au titre des trois allocations, soit 16 millions d'euros », explique à « La Tribune » le président des Côtes-d'Armor. Plusieurs de ses collègues de gauche devraient faire de même, voire suspendre le versement de certaines prestations. Est aussi envisagée la diminution des participations des conseils généraux à des chantiers réalisés dans le cadre des contrats Etat-Région. La Fédération des Travaux Publics a d'ailleurs fait part, mardi, de ses inquiétudes pour ses emplois, redoutant une baisse drastique des commandes des collectivités locales (lire page 21). A terme, les élus locaux ? droite et gauche confondus cette fois ? envisagent de porter une proposition de loi qui établisse le principe d'un financement pérenne et durable des trois allocations. « Les problématiques financières sont ce qui font le plus consensus au sein de l'ADF. On a un diagnostic très partagé, et nous sommes tous à la recherche de solutions pérennes », assure Claudy Lebreton. Les présidents de droite de conseils généraux ne souscrivent toutefois pas aux actions de leurs homologues de gauche. Mardi, dans un courrier, leur représentant, le président de Haute-Marne Bruno Sido, a exprimé sa « désapprobation » à l'encontre de tout « type d'actions de défiance vis-à-vis de l'Etat », critiquant ouvertement l'initiative de ce jour de ses collègues de gauche à Bobigny.

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