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Qui sont ces Peugeot que doit rencontrer Arnaud Montebourg ?

La Tribune

Publié le 23 juillet 2012 à 12:47 - Mis à jour le 23 juillet 2012 à 12:47

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Arnaud Montebourg y a été fort. En attaquant nommément la famille Peugeot, le ministre du Redressement productif a provoqué une sacrée levée de boucliers, dont une riposte inédite du président du Conseil de surveillance du groupe PSA, Thierry Peugeot, lui-même. Il est vrai que la famille Peugeot, à qui on ne peut pas reprocher de faire la une des magazines \"people\" vu sa légendaire discrétion, est l\'une de ces emblématiques lignées qui ont fait l\'industrie française. Au même titre que les Michelin, qui contrôlent  l\'un des plus beaux  fleurons de l\'Hexagone. Thierry Peugeot doit être reçu jeudi prochain par Arnaud Montebourg. En crise, PSA est au centre d\'une tourmente socio-politique depuis qu\'il a annoncé la semaine dernière la suppression de 8.000 postes en France et la fermeture du site d\'Aulnay, en région parisienne.\"Il y a des mots que je n\'ai pas aimés et qui ont été répétés : \"mensonge\" et \"dissimulation\", s\'est ainsi insurgé Thierry Peugeot dans \"Le Figaro\" de vendredi,  rendant implicitement le gouvernement responsable de la chute de l\'action PSA en bourse et redoutant de ce fait une OPA. Un communiqué du groupe PSA avait déjà affirmé, le 18 juillet dernier : \"la famille Peugeot a toujours donné la priorité au développement du groupe PSA\". Elle \"s\'est toujours efforcée de suivre les opérations financières destinées à soutenir la stratégie\". Quant aux dividendes versés, ils \"ont été fortement réduits, voire supprimés, dans les années de crise\".Famille historiqueLa famille Peugeot est une famille historique, connue depuis le quinzième siècle ! Sous le Second empire, l\'industrie Peugeot est déjà importante et prospère notamment dans l\'outillage. Dans les années 1880, arrivent les fameux cycles, qui contribueront tant à sa renommée. A la fin du dix-neuvième siècle, c\'est au tour des premières automobiles. En 1896, Armand Peugeot fonde la Société des automobiles Peugeot. 500 voitures sont vendues en 1900. Durant l\'entre deux-guerres, la firme se distinguera par des modèles aérodynamiques, comme les 402 puis 202. Après la guerre, c\'est le grand essor avec la robuste 203, puis surtout les célèbres 403 (1955), 404 (1960), la compacte 204, première berline à traction avant de la marque en 1965. La grande 504 (1968) fera beaucoup pour l\'internationalisation du constructeur. Cette voiture sera produite notamment en Argentine et au Nigéria. Mais, c\'est en 1976 que la firme change d\'envergure. Elle reprend cette année-là la quasi-totalité du capital de Citroën, suite à la demande du gouvernement français, pour sauver la marque aux chevrons au bord du dépôt de bilan. Le groupe devient alors PSA Peugeot Citroën. Une intégration qui sera longue et compliquée. Nouveau pas en avant, deux ans plus tard. A la surprise générale, PSA rachète les filiales européennes de l\'américain Chrysler (Simca en France), qui lui permettent d\'accéder à une taille critique avec des usines en Grande-Bretagne et en Espagne. La firme met aussi la main sur les réseaux de distribution de Chrysler Europe. Mais, les cartons de l\'américain sont vides, sans nouveau modèle. Et ce rachat risque très vite d\'entraîner la banqueroute du groupe PSA.En 1982, en  graves difficultés financières, la famille Peugeot fait appel à Jacques Calvet, qui sauvera le consortium, bien aidé par la providentielle Peugeot 205 qui sera un succès commercial. Médiatique, autoritaire, connu pour ses foucades contre le gouvernement de gauche de l\'époque et le traité européen de Maastricht, Jacques Calvet dirigera PSA  d\'une main de fer en tant que président du directoire de 1984 à 1997. Il sera remplacé cette année-là par Jean-Martin Folz, qui imposera un objectif ambitieux : produire quatre millions de véhicules par an. Las, il n\'atteindra jamais cet objectif malgré les énormes investissements et ce sera là une des causes majeures des surcapacités qu\'affronte le constructeur aujourd\'hui. Thierry Peugeot arrive en 2002Les Peugeot, eux, ne sont plus aux commandes opérationnelles de leur groupe depuis les années 60. Mais ils restent actifs, en coulisse. Ils restent les actionnaires de référence. En 2002, à  la mort de son père Pierre, Thierry Peugeot (né en 1956) est choisi comme président du Conseil de surveillance du groupe. Ancien responsable de la zone Asie du sud-est d\'Automobiles Peugeot, puis directeur général de Peugeot do Brasil, directeur général de Slica, filiale de Peugeot à Lyon, responsable des grands comptes internationaux de Citroën, puis des services et des pièces d\'automobiles Citroën, l\'homme a déjà une vraie expérience au sein du groupe.Alors que Jean-Martin Folz ne souhaite pas rester plus de dix ans en place, Thierry Peugeot nomme en 2007 Christian Streiff à la tête des opérations de PSA. Un choix qui se révélera... vite malheureux. Brillant, visionnaire, mais brouillon, impulsif... et victime de problèmes de santé, Christan Streiff sera débarqué brutalement en 2009, alors que PSA est en plein désarroi. Ses cousins ne pardonneront pas à Thierry Peugeot ce qu\'ils considèrent comme une erreur. Le choix de Christian Streiff, au lieu de Robert Peugeot (né en 1950) qui s\'y serait bien vu alors qu\'il était à la tête de la direction de l\'innovation et de la qualité après une expérience chez Citroën, cristallise les tensions au sein de la famille. Celle-ci reste aujourd\'hui divisée.On peut certes reprocher à la famille des erreurs dans le choix des hommes - elle est aujourd\'hui déçue des prestations de Philippe Varin nommé à la  présidence du directoire il y a trois ans -, mais... elle a fait son devoir d\'actionnaire. C\'est l\'une des dernières familles actives dans les groupes automobiles qu\'elles ont créés - comme les Ford, les descendants des Agnelli chez Fiat ou les Toyoda chez Toyota. PSA rappelle que le groupe familial Peugeot - composé de Etablissements Peugeot Frères (EPF) et Société Foncière, Financière et de Participations (FFP) - a souscrit en mars 2012 à l\'augmentation de capital de Peugeot SA \"pour un total de 133 millions d\'euros\" alors même qu\'elle n\'a touché aucun dividende en 2008, 2009, 2011. Le groupe familial, qui détient  25,3 % du capital et exerce 37,9 % des droits de vote, reconnaît certes  avoir touché \"78 millions d\'euros reçus en 2011 en dividendes\" au titre de 2010. Mais la famille rapproche ces 78 millions millions reçus des...  133 millions investis dans le groupe !

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