La Pologne se transforme en un nouvel eldorado

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« Ici, c'est un vrai village européen », proclame Bertrand Jannet, associé de Calan, une société de gestion du risque comptable à Varsovie. De fait, le pays attire de nombreuses entreprises étrangères. Toutes sont soucieuses de profiter de la croissance de l'économie, qui pourrait atteindre 4 % cette année, et de l'émergence d'une classe moyenne. Aussi, la bataille fait rage dans la grande distribution et le secteur bancaire et de l'assurance attire de plus en plus. Certaines entreprises veulent également profiter des fonds structurels européens. Avec 67,3 milliards d'euros sur 2007-2013, la Pologne en est le plus gros bénéficiaire. Si l'on y ajoute la Politique agricole commune (14 milliards d'euros) et les contributions publiques et privées, quelque 100 milliards d'euros oeuvreront au développement du pays. Des sommes qui ne sont pas passées inaperçues en France, ni ailleurs. « Certaines entreprises, espagnoles par exemple, qui n'ont plus de débouchés chez elles, se précipitent ici », murmure-t-on dans la communauté française sur place. Sans oublier les entreprises chinoises, qui devraient construire un tronçon d'autoroute entre Varsovie et l'Allemagne. Si la concurrence est acceptée, le processus d'appel d'offres l'est moins. « Seul le prix est pris en compte, explique Frédéric Nicolon, président du conseil d'Egis Pologne, une société d'ingénierie, du coup, c'est souvent le moins-disant qui l'emporte. » concurrence « déloyale »Si le seul critère de prix a été retenu pour les appels d'offres, c'est que le précédent gouvernement, celui des frères Kacinski, luttait contre la corruption. Les fonctionnaires ont vite préfèré ce critère indiscutable. Ce qui en résulte, aux yeux des Français en tout cas, c'est une concurrence « déloyale », sans oublier des travaux de mauvaise qualité.Lors d'une récente visite, Anne Marie Idrac, secrétaire d'État en charge du Commerce extérieur, a évoqué des solutions, telles que l'élimination des deux prix les plus extrêmes avec les autorités locales. Les entreprises étrangères ne sont pas au bout de leurs peines : voici qu'une nouvelle concurrence émerge, celle des entreprises polonaises, que le gouvernement, fort de sa performance économique, souhaite pousser pour en faire, comme en France, des « champions nationaux ». Lysiane J. Baudu, à Varsovie

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