Wally et Hermès inventent l'île flottante
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De mémoire de marin, on n'a jamais vu ça?: un bateau presque plus large que long, conçu comme une immense villa. Une île flottante en quelque sorte. Son nom de code?? WHY pour Wally Hermès Yacht. Les deux marques de luxe, la première qui a révolutionné le design dans le yachting, et la seconde, pilier du chic mondial, se sont unies au sein d'un joint-venture en 2008. « Au départ, Wally nous a approchés pour habiller ses bateaux. Mais lorsque nous avons découvert des intérieurs déjà très aboutis, nous n'avons pas trouvé pertinent de nous y associer, se souvient Pierre-Alexis Dumas, le directeur artistique d'Hermès. En revanche, nous avions envie de saisir l'opportunité de défricher un nouveau territoire. Et nous le faisons toujours avec des gens de l'art. » En l'occurrence, le chantier nautique italien Wally, fondé en 1993 par Luca Bassani qui en est toujours le PDG, a lancé en quelques années des bateaux de luxe reconnus pour être les plus élégants et les plus épurés au monde.Pourquoi WHY?? « C'est le rêve d'une île nomade, permettant de mener une existence libre. C'est un bateau conçu comme une maison, avec des patios, des étages et des espaces de vie communs ou séparés », raconte Luca Bassani. De fait, voilà un bateau qui ne ressemble pas à un yacht traditionnel et affiche des mensurations étonnantes?: 58 m de long, 38 m de large, 3.400 m2 de surface habitable. S'il brigue sur le marché une place à côté des gigayachts (les plus de 100 m), il préfigure un rapport à la mer totalement nouveau. D'abord par sa vitesse?: 12 n?uds en croisière, 14 maximum quand ses concurrents tracent à 18/20 n?uds. coque en forme carréeEnsuite par ses espaces de vie. À titre d'exemple, la suite du propriétaire se déploie sur un étage de 200 m2 avec sa terrasse privée de même taille. Enfin, sa forme ne lui permet pas d'accoster devant Sénéquier à Saint-Tropez. Il devra rester au mouillage et ses occupants pourront rallier le port via les deux hors-bords à disposition dans ses coffres. Car si l'on devait amarrer un WHY à quai, il prendrait facilement la place d'au moins trois yacht de 100 m chacun?! Quant à la piscine, elle inaugure, elle aussi, un nouveau mode de nage sous forme de coursive de 25 m de long et 2 m de large épousant l'étrave au pont supérieur.Mais ce qui donne toute sa force au concept, c'est la coque de forme carrée, conçue par Roar Ramde, ingénieur naval norvégien il y a 25 ans pour poser des câbles en mer du Nord. Autant dire que par sa stabilité, elle résiste aux intempéries et aux vagues les plus gigantesques. En bon élève de la classe, ce nouveau navire a aussi intégré à la lettre les bonnes conduites environnementales avec des panneaux solaires permettant de fournir 12 heures d'autonomie d'énergie à bord, et des moteurs Diesel et électrique qui économisent 200 tonnes de kérosène. À Monaco, badauds et clients potentiels auront tout loisir de tourner autour d'une maquette. Pour faire un pas de plus, il faudra se rendre à Ancône où sont construits les Wally pour découvrir l'immense maquette en taille réelle, une première dans le monde du nautisme.150 millions d'eurosEt le client devra patienter près de trois ans pour disposer de sa « merveille ». Avec un marché évalué à 30 bateaux annuels à plus de 150 millions d'euros et 300 entre 50 et 150 millions d'euros, WHY apparaît compétitif avec un coût compris entre 60 et 100 millions d'euros. Le premier client?? « Ce qui nous vient à l'esprit, c'est soit un milliardaire du Golfe, un Italien ou un Russe. Sinon, une compagnie de croisière ou un hôtel pourraient être intéressés par ce concept. En vendre un serait un succès, trois un miracle », confie Patrick Thomas, le gérant d'Hermès, pour qui la maison fait là un « coup d'audace ». WHY espère attraper dans ses filets dorés un premier client à Monaco ces jours-ci. Sophie PétersDESIGN
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